Angélique Goodall : 30 ans pour l'emploi, une conviction, une méthode
Directrice régionale de France Travail Bretagne, elle incarne un leadership ancré dans l'humain, l'inclusion et l'audace au féminin.
En février 2024, Angélique Goodall prenait la tête de France Travail Bretagne. Derrière ce poste, près de trente ans d'un parcours singulier : celui d'une femme qui a traversé tous les étages du service public de l'emploi, de conseillère à dirigeante, en passant par la DRH. Un trajet guidé par une conviction : le travail est un facteur essentiel de lien social et de dignité.
Du terrain au pilotage : un parcours construit sur l'humain
Tout commence comme conseillère au sein du service public de l'emploi. Angélique Goodall y découvre la réalité des publics en difficulté, les ressorts du lien entre une personne et un emploi, la complexité d'un accompagnement qui ne se réduit pas à une offre. Elle évolue ensuite vers des fonctions de management opérationnel, avant de prendre la direction des ressources humaines dans plusieurs régions.
Cette double expérience, auprès des publics d'un côté, au cœur des organisations de l'autre, forge un regard à 360°. Recrutement, dialogue social, transformation des institutions : elle connaît les enjeux depuis l'intérieur. C'est cette profondeur de champ qui lui permet aujourd'hui de piloter une direction régionale avec autant d'ancrage que de hauteur.
France Travail Bretagne : fédérer pour mieux inclure
Depuis son arrivée à la tête de France Travail Bretagne, Angélique Goodall porte une priorité claire : amplifier le "faire ensemble". La Loi pour l'Emploi a précisément confié à France Travail un rôle de fédérateur et d'animateur de l'écosystème partenaires institutionnels, entreprises, collectivités, associations. Ce rôle n'est pas rhétorique : il exige de créer des coopérations durables entre des acteurs aux cultures et aux temporalités différentes.
"Faciliter l'accès au travail pour tous, et plus particulièrement aux plus démunis" : c'est ainsi qu'elle résume sa mission. Une formule simple, mais qui engage une organisation entière.
Être femme dirigeante : assumer sa singularité
Son parcours l'a conduite à des premières : première femme dirigeante adjointe régionale, puis première femme directrice régionale réunionnaise. Ces nominations ont généré une attention qu'elle avoue avoir trouvée surprenante, révélatrice, aussi, du chemin qu'il reste à parcourir.
Sa réponse à ce défi ne passe pas par l'imitation des codes masculins. Elle choisit de rester authentique, de s'appuyer sur celles et ceux qui croient en elle, et d'affirmer sa propre manière d'exercer le pouvoir.
« Je ne cherche pas à être "comme un homme" ; je choisis d'être une femme qui fait la différence parmi les hommes. »
— Angélique Goodall
Son conseil aux femmes qui souhaitent progresser dans leur carrière va dans le même sens : être au clair sur ses valeurs, rester authentique, ne pas chercher à se conformer à un modèle préexistant. "Osez être vous-même, avec votre style, vos émotions, vos mots et votre regard."
Des modèles qui éclairent l'action
Angélique Goodall cite Simone Veil comme figure inspirante non par habitude, mais parce que la citation qu'elle lui emprunte résonne directement avec sa propre mission : veiller à ce que l'action publique n'oublie personne. À la Réunion, elle avait co-créé le Club des Audacieuses pour encourager les femmes à prendre leur place dans les postes de responsabilité. Elle poursuit cet engagement à travers le mentorat, convaincue que rendre la présence des femmes dirigeantes "simplement naturelle" est un objectif collectif.
Le réseau : une richesse humaine, pas un outil
Sur la question du réseau professionnel, Angélique Goodall adopte une posture à rebours des injonctions habituelles. Elle ne le conçoit pas comme un levier stratégique à activer, mais comme quelque chose qui se construit naturellement par la confiance, la sincérité, la réciprocité. "Un réseau ne se fabrique pas, il se construit." Ce qui l'anime : créer des dynamiques, jouer collectif.
L'équilibre entre engagement et présence
Si elle avait une baguette magique ? Être davantage présente, "ici et maintenant", dans certains moments avec ses filles lorsqu'elles étaient plus jeunes. Ce témoignage, elle le partage sans détour, parce qu'il dit quelque chose d'important sur ce que nous demandons aux femmes et aux dirigeants en général. Ce n'est pas la culpabilité qu'elle veut transmettre, mais une forme d'acceptation : "ne plus faire de sa culpabilité une norme, mais apprendre à en faire une force."
Et pour finir… un cours de hip-hop à Saint-Brieuc
Un "Stade vers l'emploi", une centaine de participants, des activités sportives le matin pour briser la glace entre candidats et recruteurs — et une initiation au hip-hop à laquelle Angélique Goodall s'est prêtée, avec enthousiasme et une "zone de progression inattendue". Le meilleur des portraits révèle toujours quelque chose d'inattendu. Celui-ci n'échappe pas à la règle.
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