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3 questions à Sabrina Pihan

Sabrina Pihan

Sabrina Pihan est ergonome. Elle a lancé « Les bonnes postures » en septembre 2020 pour apprendre aux salariés à faire attention à leur environnement de travail, leurs postures, leur main sur la souris… et ainsi améliorer leur santé.

Comment vous êtes-vous lancée dans l’entreprenariat ?

Ce n’était pas du tout prévu. J’ai été travailleuse sociale pendant 12 ans dans un foyer auprès de personnes handicapées mentales et physiques. Et puis un jour, j’ai ressenti des douleurs articulaires importantes au poignet et à l’épaule droite. Je devais être opérée selon les médecins. C’est toujours compliqué de trouver des solutions pour ce genre de douleurs, on est trimbalé de médecins en IRM… J’ai trouvé toute seule ma réponse. J’ai compris que l’hygiène de vie était primordiale. J’en avais déjà une bonne, mais j’ai pris connaissance de la micronutrition et cela m’a sauvé. Elle ne remplace pas l’activité physique, les postures de travail… mais il faut bien avoir conscience qu’être en bonne santé c’est un tout ! J’ai ensuite voulu mettre mon expérience personnelle aux services de tous ceux qui recherchent une solution. J’ai alors entrepris une reconversion en reprenant un Master 1 en management du travail ergonomique. Ensuite, j’ai cherché des postes d’ergonome salarié. Il y en avait peu et ceux qui existaient ne me correspondaient pas. J’ai alors lancé mon entreprise, « les bonnes postures » en septembre 2020, tout en m’occupant de ma fille qui avait 9 mois !

Racontez-nous votre entreprise…

J’aménage les postes de travail pour les salariés en entreprise, pour les grands comptes ou les PME, pour plus de productivité et surtout pour prévenir les douleurs. Je fais des études ergonomiques, en passant sur chaque poste de travail à titre individuel. J’analyse à peu près tout du sol au plafond : la hauteur du siège, la diffusion de la lumière naturelle, le positionnement de la souris… Je conseille ensuite sur du matériel ergonomique. Souvent les salariés ont déjà des douleurs mais ne savent pas pourquoi ils ont mal. On retravaille la posture grâce aux réglages, grâce à la compréhension des causes du mal. Je peux également faire des formations aux gestes et posture pour la petite enfance, notamment avec les communautés de communes.

Qu’aimez-vous dans le fait d’entreprendre ?

Tout ! J’aime toutes les différentes tâches, la comptabilité, l’administratif… Je ne pourrai pas être aussi épanouie dans le salariat. J’ai la liberté du choix de mes clients, du choix de mes projets. Je sors de ma zone de confort et j’apprends tous les jours ! Pour développer mon entreprise, je contacte les clients potentiels sur LinkedIn, je suis membre de nombreux réseaux, je favorise le bouche à oreille, et je travaille mon site internet.

Pourquoi rejoindre Femmes de Bretagne et avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme ?

Je suis adhérente depuis une année et j’ai voulu rejoindre le réseau pour le partage d’expériences et les connexions. Ce que j’aime c’est découvrir les autres projets, souvent novateurs, souvent un peu fous. Je me nourris des rencontres. Côté difficultés, j’en ai rencontré plein. J’ai toujours fait plus jeune que mon âge. J’ai 39 ans, on me prend encore pour une jeune de 28, donc moins au sérieux. J’ai entendu des réflexions aussi : « tu n’es pas avec tes enfants ce soir ? ». Faire partie d’un réseau de femmes, cela permet de partager ces histoires et de finalement en rire… Nous ne sommes pas là pour écraser les hommes mais bien pour prendre notre place de femme. J’espère contribuer à une prise de conscience pour la santé au travail, à changer une petite partie du monde… car même si ce n’est que 1%, c’est déjà ça ! Et si j’ai un conseil à donner à toutes celles qui veulent entreprendre, je dirais… « Allez-y ! Foncez ! » L’entreprenariat vaut le coup, même si c’est un vrai challenge au quotidien !