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Fanny Dufour, cette « Nouvelle Oratrice » qui donne confiance aux femmes

A 38 ans, Fanny Dufour co-dirige la société rennaise Mind The Gapp, qui accompagne à la prise de parole en public. Il y a un an, elle a lancé Les Nouvelles Oratrices, un concept dédié à toutes les femmes qui veulent s’entrainer à prendre la parole au quotidien.

Vous avez lancé, à la date symbolique du 8 mars 2020, le concept des Nouvelles Oratrices. Comment votre parcours vous a-t-il mené à cela et pourquoi ?

J’ai fait des études en communication et en intelligence économique, puis une thèse en psychologie sociale sur le développement de l’innovation en entreprise. Cela m’a d’abord amenée à travailler pour la chambre de commerce et d’industrie. J’accompagnais les entreprises dans leurs projets d’innovation. En 2014, j’entre en tant que bénévole à l’association Bretagne ID Larges, qui organise les événements TEDx à Rennes. J’en ai ensuite pris la présidence entre 2017 et 2020. J’y ai fait beaucoup de coaching. Je n’avais pas d’idées, mais j’avais l’impression de savoir aider ceux qui en avaient, à les mettre en forme et à trouver le bon message à faire passer ! Finalement, je me suis lancée dans l’entrepreneuriat en créant, avec Régis Bozec, Mind The Gapp en 2019. Nous accompagnons à la prise de parole en entreprise, pour aider les dirigeants à délivrer les bonnes informations en interne. Je me rends compte, alors, que peu de femmes prennent la parole en entreprise. Mais c’est aussi le cas dans les médias, les événements, les spectacles. Elles refusent même souvent de s’exprimer en public par peur de manquer de légitimité, ou de ne pas être parfaite ! Cela vient aussi de l’éducation, et de plein de petites choses qui, mises bout à bout, conduisent les femmes à moins s’exposer que les hommes. J’ai voulu faire quelque chose dédié aux femmes, pour les aider à travailler différemment le corps et les émotions.

Comment Les Nouvelles Oratrices aident les femmes à prendre la parole avec efficacité et à s’affirmer ?

Quand elles sont en situation de non-mixité, elles apprennent plus vite à prendre la parole. Avec Les Nouvelles Oratrices, nous proposons des formations par cercles de femmes, sur huit séances de deux heures. Ce n’est pas que je n’aime pas les hommes, mais être entre femmes permet d’aller plus vite pour entrer dans le vif du sujet ! Dans un cercle, on s’entraîne et on s’entraide à la prise de parole au quotidien. Cela peut aller de la volonté de débattre à l’envie d’animer une réunion ou tout simplement d’être plus à l’aise pour un entretien d’embauche, etc. A l’issue de ces rencontres, une vraie communauté de femmes se crée. Avec sept formatrices indépendantes (expertes en égalité femmes-hommes, comédiennes, coachs…) et qui dispensent la méthode des Nouvelles Oratrices, nous pouvons intervenir à Rennes, Nantes, Brest, Vitré et bientôt Paris. Toute femme peut y participer, soit à titre personnel, soit grâce à son compte formation et son entreprise. Notre concept fonctionne beaucoup sur l’entraide, un peu comme Femmes de Bretagne. Le modèle du réseau est très inspirant ! Un jour, j’ai présenté mon concept à Femmes de Bretagne, pour proposer des ateliers à destination des adhérentes et des coordinatrices. Nous avons ainsi noué un partenariat, pour proposer la formation des Nouvelles Oratrices. Le but est d’y apprendre à répondre à des questions de journalistes par exemple, à savoir trouver son message à impact, à travailler sa posture, tout cela par des mises en situation.

Comment voyez-vous la place des femmes dans l’entrepreneuriat aujourd’hui ?

L’entrepreneuriat des femmes est de plus en plus visible. On en parle plus dans la presse. Des réseaux comme Femmes de Bretagne aident à montrer ces femmes qui entreprennent et qui réussissent. A mon niveau, j’interviens aussi à la prison des femmes de Rennes, auprès de celles qui sont éloignées de l’emploi, pour les aider à parler, à leur redonner l’estime d’elles-mêmes et à présenter un projet de réinsertion. Je constate que les femmes partent avec beaucoup de freins, qu’elles se mettent elles-mêmes. Et en même temps, elles ont plein de qualités ! Elles osent collaborer, s’ouvrir, sont à l’écoute d’opportunités. Voilà des choses à cultiver ! A mon sens, ce n’est jamais le bon moment pour entreprendre et si on réfléchit trop, on ne prend pas de décision. Il faut oser penser grand, se faire confiance. Quand on y croit, on est tout de suite crédible aux yeux des autres.