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Covid-19 : ces femmes en première ligne – Nolwenn Febvre, « Les p’tits doudous »

Nolwenn Febvre, “changer l’hôpital, un doux rêve”

Infirmière anesthésiste au service pédiatrique du CHU de Rennes, Nolwenn Febvre est le genre de femme que l’on n’oublie pas. Passionnée par son métier, très technique, mais bouleversée par les pleurs des enfants au bloc opératoire, elle se donne un ultimatum : arrêter son activité ou agir. 

Un parcours initiatique et humain

L’association “Les p’tits doudous” naît en 2011, de la volonté d’adoucir le séjour des enfants hospitalisés en leur offrant un doudou. Un premier carton de doudous arrive à l’hôpital, puis deux, puis trois et tout s’enchaîne. Présidente d’association hyperactive et investie, Nolwenn réfléchit à un moyen d’allier projet social et environnemental. Elle entreprend alors de recycler l’inox et le cuivre des outils hospitaliers à usage unique pour financer l’achat des doudous. Le succès ne se fait pas attendre, et tant pis pour ceux qui la prennent pour une “illuminée”. Parallèlement, l’équipe des doudous a développé l’application “Le héros c’est toi !” sur tablette numérique, un jeu en ligne destiné à humaniser le parcours opératoire des enfants hospitalisés.

Une femme en première ligne

Crise sanitaire oblige, elle est appelée dès mars en renfort à Paris. Elle parle d’un “quotidien très difficile, sur un terrain déjà bien amoché”. Nolwenn fait face au manque de matériel dont souffre l’ensemble de la profession. Face à un plan d’organisation très lourd, elle raconte que le corps médical n’a jamais été aussi soudé, même si la pression et la fatigue se font ressentir un peu plus chaque jour. L’infirmière anesthésiste, affectée à des postes qu’elle ne maîtrise pas forcément, apprend sur le tas et s’adapte, à l’instar de ses collègues avec qui elle partage des moments de joie et de peine. Un travail d’équipe qu’elle revendique, persuadée que dans son métier, il faut “savoir rester à sa place” et être à l’écoute.

 Une philosophie qu’elle applique à la situation

Transformer l’adversité en force, c’est l’objectif qu’elle s’est fixé pour “Les p’tits doudous”. Le tissu des doudous est désormais détourné pour fabriquer des masques. Quant à l’application numérique, elle a été adaptée à destination des femmes enceintes et de leurs conjoints, contraints d’être séparés au moment de l’accouchement à cause de la pandémie. Porte-parole de l’association, Nolwenn souhaite donner le bon exemple en insufflant un message d’espoir et de cohésion. Je souhaite “faire du bien à notre tissu associatif” dit-elle, un réseau de professionnels de santé très dense qui dépasse désormais nos frontières. En 2017, la structure obtient le titre d’association nationale, avec plus de 700 membres répartis dans 75 associations “Les p’tits doudous” en France métropolitaine et d’Outre-Mer. Crowdfunding, partenariats, conférences, et même une visite à l’Elysée aux côtés d’Emmanuel Macron en 2018, le modèle associatif fait des émules. Pourtant, il arrive que Nolwenn doute.  

 Ajuster ses voiles et garder le cap

En 2018, Nolwenn décide de créer l’entreprise “Doudou développement” qui propose des produits dérivés. Même s’il est “difficile de se sentir à la hauteur”, l’infirmière anesthésiste croit dans le partenariat du monde associatif et entrepreneurial, même si certains l’ont malmenée ou considérée comme une douce rêveuse. “J’arrive à naviguer entre les deux” assure-t-elle. Quand la pression est trop forte, elle prend sa planche à voile. Née à Lannion, cette amoureuse de la mer a trouvé le moyen de décompresser. “C’est grisant” dit-elle avec une certaine nostalgie dans la voix car le confinement la rappelle à la réalité. 

 “Tout seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin”

Adhérente de Femmes de Bretagne, elle peut compter sur un réseau “moteur”, où les femmes se serrent les coudes, surtout durant cette période. Surfer sur la vague, apprendre à tomber, revenir au bord et se relever malgré les jours de grand vent, Nolwenn a trouvé son équilibre. En pleine crise sanitaire, elle ne baisse pas les bras. Au contraire, c’est le moment de rebondir ! Une bretonne inspirante donc, qui conclut l’interview en disant humblement : “Les doudous, ce n’est pas grand chose, mais c’est déjà beaucoup”. Dans le cadre du Covid-19, les p’tits doudous se mobilisent pour aider les soignants grâce à une campagne de crowdfunding qui mérite d’être applaudie. On vous laisse y jeter un coup d’œil.