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Jeudi, Novembre 2, 2017

Violaine du Pontavice, avocate spécialisée dans le secteur de l'environnement à Nantes (44) : "Il faut croire en soi et avancer et surtout ne pas avoir peur des échecs, ils nous font avancer et nous construisent."

"Dans toute entreprise, la persévérance est la clé du succès". Ces propos de Francis Bacon semblent illustrer on ne peut mieux le parcours gagnant de Violaine du Pontavice, avocate spécialisée dans le secteur de l'environnement à Nantes. Rencontre passionnante avec une Femme de Bretagne passionnée par la vie et l'envie de se surpasser. Portrait d'une battante portée par la curiosité d'apprendre et la pugnacité.




Violaine du Pontavice bonjour, vous êtes avocate spécialisée dans le secteur de l'environnement. Pouvez-vous nous partager votre parcours atypique avant de devenir avocate ?

Après plusieurs essais professionnels des plus intéressants dans la mode, la presse et les chevaux de courses, je me suis finalement décidée à reprendre des études via une école de commerce pour continuer en faculté de droit, avec une parcours plus axé sur le droit des contrats et le pénal.


Vous êtes aujourd'hui spécialisée dans le domaine de l'environnement... Pourquoi avoir choisi ce secteur ?

Le droit de l’environnement est venu à moi dans le cadre de mon activité, un dossier sur un contentieux de pollution qui m’a passionnée et fait découvrir un monde du droit très différent de par sa transversalité avec le monde de l’ingénierie et sa diversité…


Comment se spécialise-t-on lorsqu'on est avocat ?

Il faut obtenir un certificat de spécialisation auprès du CNB (conseil national des barreaux) qui consiste à passer un examen auprès d’un jury composé de 4 personnes, deux avocats spécialistes dans la matière, un professeur de droit et magistrat ; et justifier d’une pratique d’au moins quatre années.


 


Une fois devenue avocate, voilà qu'en 2000 vous traitez un dossier-clé qui va orienter la suite de votre carrière...

Ce dossier en contentieux environnemental m’a permis de découvrir une matière nouvelle qui m’a passionnée, de travailler avec un mentor spécialiste dans cette matière, et d’avoir de plus en plus de clients dans cette matière.

Cette matière a pris de plus en plus de place dans mon quotidien pour arriver à me décider de ne faire plus que du droit de l’environnement qui était et reste en constante évolution.

Lorsque j’ai passé ma spécialisation j’ai eu envie d’élargir mon champs d’intervention et de travailler plus à l’international et avec d’autres métiers que le droit, raison pour laquelle j’ai choisi de frapper à la porte du cabinet EY qui a accepté ce challenge.


Depuis, vous êtes donc devenue une avocate spécialisée dans l'environnement... Pour être bien claires sur les mots que nous employons là : quelles différences faites-vous entre l'environnement et l'écologie ?

Question très intéressante et dont il pourrait être donné plusieurs réponses…

La définition de l’écologie a plusieurs sens mais celui qui est la plus parlant aujourd’hui désigne une préoccupation récente liée à l’avenir et aux conditions de vie sur la planète et la définition au sens large, c’est la science de l’environnement, celle plus stricte, la science qui étudie les relations des êtres vivants dans leur environnement.

L’environnement, quant à lui, est défini comme l’ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins et le droit de l’environnement : règlementation qui vise à la protection et la préservation de la nature, qui incite à la lutte contre les nuisances…

Pour faire plus simple, l’écologie pour moi fait partie intégrante de l’environnement. Le droit de l’environnement doit donner des outils juridiques pour répondre aux questions liées à l’écologie.


 


En tant que spécialiste dans ce domaine, vous estimez que "le droit est le parent pauvre de l'environnement" : pourriez-vous développer cette idée ?

Le droit par essence existe si des sanctions existent et sont appliquées pour le faire respecter. 
À ce jour, les sanctions existent mais sont difficilement appliquées. Les raisons sont diverses. Il est vrai qu’aujourd’hui, dans les entreprises, lorsque l’on parle droit de l’environnement on nous parle ingénierie.
 
Les responsables juridiques ne sont pas en charge de cette règlementation, ce sont des ingénieurs qui sont en charge d’appliquer le droit de l’environnement. Les sujets économiques ont une part importante aujourd’hui lorsque l’on parle d’application de cette règlementation.

L’important n’est pas d’imposer l’une ou l’autre mais de trouver un consensus pour que l’emploi soit préservé, que nos entreprises ne délocalisent pas et que les règles environnementales puissent être appliquées.

Une évolution transparaît aujourd’hui avec une volonté de protéger la biodiversité avec la loi biodiversité d’août 2016 et l’accord de Paris sur le changement climatique et la politique de notre président du fait de la nomination de Monsieur Hulot comme Ministre de la Transition écologique et Solidaire.

 

Vous travaillez aux niveaux national et international. En quoi consistent vos missions de travail ? Qui sont vos clients ?

Nos clients sont autant des entreprises que des promoteurs, des porteurs de projets et institutions. Nous accompagnons nos clients sur la mise en place des règles environnementales, sur des audits de compliance, sur des négociations dans le cadre de précontentieux.

Nos domaines d’interventions sont très variés et vastes : la biodiversité, le marché carbone, le risque industriel, les déchets, l’eau et les sujets de pollutions de sols, sous-sols et eau toujours aussi présents.

Nous intervenons aussi à l’international auprès d’institutions en tant qu’experts pour aider à la mise en place de règlementation environnementale. Ce sont des missions passionnantes qui nous font découvrir des pays variés avec une vraie volonté de prise en compte de leur biodiversité, de mettre un place un marché carbone pour lutter contre le changement climatique…..


 
"Il faut apprendre à s’écouter et faire une pause avant que votre corps ne vous lâche, apprendre à se ressourcer, se reconnecter à la nature et profiter des week-ends pour se faire plaisir et se vider la tête…"


La gestion globale des déchets fait-elle aussi partie de cette règlementation de l'environnement ?

Oui, cette réglementation est une partie importante du droit de l’environnement et n’a de cesse d’évoluer. Nous travaillons sur les différentes filières mises en place et sur des sujets de prospectives.


Entre ces missions de travail à l'échelle nationale et internationale, comment parvenez-vous à trouver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle ?

Il faut apprendre à s’écouter et faire une pause avant que votre corps ne vous lâche, apprendre à se ressourcer, se reconnecter à la nature et profiter des week-ends pour se faire plaisir et se vider la tête…

 

Comment avez-vous connu le réseau Femmes de Bretagne ? Un mot sur votre rencontre avec la fondatrice Marie Eloy ? Que pensez-vous de notre réseau ?

J’ai rencontré Marie Eloy au cours d’un déjeûner pour parler d’un projet qui lui tient à cœur et échanger pour voir si on pouvait l’accompagner dans celui-ci.

Je pense que ce réseau est important pour que les femmes puissent échanger et se retrouver sur des sujets qui leurs sont communs, à savoir leur place dans la société et dans l’entreprise…

 
 


Un mot sur le prix écovisionnaire que vous mettez en place avec Femmes de Bretagne et Anne Samek, directrice de la communication pour la division Grand-Ouest de Suez ?

C’est grâce à ce sujet que j’ai rencontré Marie, qui a eu l’idée et l’envie de mettre en place un prix reliant les deux thèmes 
Écologie et Économie avec un projet innovant et ayant un impact positif sur le territoire des départements de la Loire-Atlantique et Bretagne et bien sûr réservé aux femmes. Nous travaillons de concert pour mettre en place ce prix en 2018 et je trouve que c’est une merveilleuse idée que Marie a eue.


Quels conseils donneriez-vous aux Femmes de Bretagne qui souhaitent créer leur propre activité ?

Il faut croire en soi et avancer et surtout ne pas avoir peur des échecs, ils nous font avancer et nous construisent.



À travers votre parcours, vous semblez être une véritable conquérante... À quoi ressemblera votre "prochaine vie" ? 

Certainement tournée encore plus vers les autres et continuer à œuvrer pour l’environnement.


Pour suivre votre activité ? En savoir plus ? Vous contacter ?

Violaine du Pontavice
Avocat - Directeur Associée
Compliance Environnement - Corruption
Spécialiste en droit de l'environnement

Ernst & Young Société d'Avocats
violaine.du.pontavice@ey-avocats.com
Mobile: +33 634 393 100
Website: http://www.ey.com



 
Un entretien mené par la Plume Virginie Le Gall,
experte en blogging et blogueuse pour Mamezell' en Finistère
Article rédigé par :
Virginie Le Gall. -