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Mercredi, Avril 19, 2017

Shing Wyee Jolivel, fondatrice de l'entreprise Sino Qua Non à Landerneau (29) : "L'entrepreneuriat est le libre choix de prendre une décision, de créer, de mettre en place."

Les interviews de Femmes de Bretagne sont décidément l'occasion de rencontres merveilleuses. J'ai eu le grand plaisir de rencontrer Shing Wyee, la fondatrice de l'entreprise Sino Qua Non à Landerneau, une femme qui a traversé le monde pour accomplir ses rêves. Portrait d'une entrepreneure riche de sa double culture, de ses voyages et de ses fortes expériences, tout en restant humble et profondément humaine...


En quoi consiste ton activité ?

Sino Qua Non est inspiré du latin Sinequanon avec un jeu de mot sur "Sino", en référence à la Chine.

Sino Qua Non propose un service export "plug & play" prêt à l'emploi, par lequel j'accompagne les PME à l'export, notamment vers l'Asie.
Commerciale export de formation et de métier depuis plus de 14 ans, je propose toutes mes compétences linguistiques et commerciales sous forme de services à la carte : traduction de plaquettes, de sites internet ; accompagnement aux salons ; prospection commerciale ; études de marché ; formation interculturelle ; conseils et stratégie ; recrutement de talents bilingues.
Je m'adapte également aux entreprises de proximité en leur proposant un nouveau service : je me déplace au sein de l'entreprise pour mettre en place un service export quadrilingue "plug & play".

 


Tu es originaire de Singapour. Qu'est-ce qui t'a amenée à vivre en Bretagne ?

Mon mari est un breton voyageur, il a comme moi un profil international. Nous avons habité à Singapour, et nous avons voyagé ensemble, d'abord en Allemagne, puis en Bourgogne ; finalement nous avons trouvé notre bonheur en Bretagne.


Tu parles anglais, chinois, allemand et français... Comment en es-tu venue à maîtriser ces 4 langues ?

Étant singapourienne, j'ai eu la chance de pratiquer dès mon enfance deux langues : l'anglais et le chinois. Puis j'ai appris "sur le tas", en travaillant, en cherchant à m'intégrer au mieux dans la société. Ce fut le cas d'abord en Allemagne, puis en France. La seule volonté ne suffisant pas, j'ai aussi beaucoup travaillé. Après une dure journée de travail à plein temps, malgré la fatigue, chaque soir je m'attelais à des exercices de langues pour m'améliorer toujours et encore.


Quel chemin as-tu suivi pour travailler dans des entreprises internationales ?

J'ai obtenu un MBA en commerce international en Allemagne, dans une promotion de 33  étudiants venants de 23 pays différents. Là, j'ai tout de suite su que je voulais travailler à l'international. Je suis "tombée dans la soupe", comme Obélix. Et depuis 12 ans environ, cette volonté reste intacte. Tout naturellement, c'est dans cet esprit que j'ai tracé mon parcours professionnel, dans les multinationales d'abord, puis dans les PME. Finalement, c'est en 2015 que j'ai créé ma propre structure.


Quel a été ton déclic pour créer ton entreprise une fois installée en Bretagne ?

Je ne savais pas au départ que j'avais le profil pour entreprendre. Le déclic est venu quand je constaté que je devais créer mon entreprise si je voulais continuer à faire ce qui me passionne : l'export. Certes, des entreprises recrutent, mais le grand export est parfois très compliqué pour les PME qui n'ont pas les mêmes structures que les MNCs. J'ai donc eu envie de proposer mes propres offres pour répondre à ce besoin.


 
"Chacun entreprend pour des raisons différentes, cependant on doit pouvoir revenir à la source, pour ne pas être esclave de notre entreprise."


Comment s'est passé le lancement de ton activité ? ​À qui s'adressent tes prestations ?

Avant de me lancer, j'avais déjà un premier client grâce à un de mes contacts professionnels (devenu un ami) qui m'a mise sur ce chemin de l'entrepreneuriat. Aujourd'hui je commence à avoir un carnet d'adresses, mais j'ai dû créer moi-même mes contacts professionnels en partant de rien.

Mes prestations s'adressent aux entreprises principalement, et mes services de traduction sont aussi ouverts aux particuliers.


Peut-on dire que la Chine constitue "un Eldorado" pour les entreprises françaises ? Dans quels secteurs se trouvent les opportunités de marché ?

Il faut voir la Chine comme un continent et ne pas sous-estimer ce marché. La Chine a tellement accompli en 30 ans, passant du seuil de pauvreté de PIB 190 USD par habitant en 1980, à plus de 8000 USD par habitant en 2015. C'est une prouesse : du jamais vu. Il y a des secteurs qui sont plus porteurs que d'autres pour les français : l'automobile, énergie renouvelable, innovations et l'agroalimentaire.

Ainsi, il y a du potentiel à explorer, mais des différences culturelles sont à prendre en compte. Pour ces raisons, j'ai vu beaucoup de relations commerciales naissantes tourner en échec. La Chine peut devenir un Eldorado, à condition que l'on s'y prépare en amont et que l'on se donne le temps nécessaire pour travailler ce marché : pour trouver des bons partenaires (les "guanxi") ; réaliser l'étude, la prospection, les salons etc. C'est une combinaison de facteurs et surtout de patience.


Comment procèdes-tu pour faire connaître ton activité ?

Au moment du lancement de mon activité, j'ai obtenu quelques articles de presse. Je communique aussi sur les réseaux sociaux et je participe à quelques salons professionnels ciblés. Toutefois, mon activité étant du BtoB, c'est le réseau et la bouche à l'oreille qui marchent le mieux, d'abord via les CCI ou encore Bretagne Commerce International dont je suis adhérente. Je fais également partie de plusieurs réseaux d'entrepreneurs comme Entreprendre au Féminin, Femmes de Bretagne, Entreprendre Landerneau et Ell'a Brest. Je suis aussi ambassadrice de la marque Tout commence en Finistère.


 


Pour toi, c'est quoi l'entrepreneuriat ?

"Pour entreprendre, il faut les pieds sur terre, la tête en l'air, et les mains dans le cambouis." Je partage complètement ce dicton.


Parallèlement à ton activité, tu es mère de deux petites filles. Comment parviens-tu à concilier vie privée et vie professionnelle ?

Au début je ne faisais pas de distinction entre vie privée et vie professionnelle, je ne comptais pas mes heures. Il m'arrivait de chercher ma fille à l'école avec du retard ou de brûler les casseroles car j'avais des emails importants à traiter. Puis, ma mère (qui est une femme très sage) m'a recadrée et elle m'a demandé : "Ma fille, pourquoi as-tu choisi d'entreprendre ? Dis-moi honnêtement : pourquoi et surtout pour qui ?" Les questions fondamentales ! Je réalisais un vérité un marathon pour atteindre mes objectifs et réussir à force de mérite. Mais j'avais tort. Car l'entrepreneuriat est justement le libre choix de prendre une décision, de créer, de mettre en place. Chacun entreprend pour des raisons différentes, cependant on doit pouvoir revenir à la source, pour ne pas être esclave de notre entreprise.


Quels conseils donnerais-tu aux Femmes de Bretagne qui souhaitent créer leur activité ?

Osez : quand on a une idée et qu'on est convaincu que ça va marcher, il faut oser.

Quelqu'un a dit que c'était comme sauter d'une falaise en essayant, dans la descente, de construire un avion pour décoller avant de "toucher le fond". Il faut un peu de folie pour sauter, ainsi que beaucoup de persévérance et de chance pour perdurer.

Je pense aussi que l'entrepreneuriat ne correspond pas à tout le monde. Des risques et des contraintes financiers sont à prévoir, ils demandent une réflexion et des sacrifices. Toutefois on n'est pas obligé de le faire toute seule : il faut chercher de l'aide et de l'accompagnement dès le stade de l'idée. Pour juger la faisabilité de son projet, je crois bon de se tourner vers des professionnels et les banquiers qui accompagnent les entrepreneurs.


Dans le meilleur des mondes, que peut-on souhaiter de mieux à ton entreprise dans les prochaines années ?

Mon rêve est de voir Sino Qua Non devenir la référence en Finistère, mieux encore dans la Bretagne. J'aimerais que mon entreprise devienne un point de relais en matière d'export vers l'Asie. Avec davantage de contrats, je pourrais faire grandir mon activité et constituer une équipe.


Comment te suivre et te contacter ?

Le site web
email : sj@sinoquanon.com;
Facebook
Profil Femmes de Bretagne

 


Une interview menée par la Plume Virginie Le Gall,
experte en blogging chez Mamezell' en Finistère
et blogueuse pour Mamezell' fait son reuz
Article rédigé par :
Virginie Le Gall. -