Le réseau social des Bretonnes qui entreprennent !
Déjà membre ? Se connecter
Mot de passe oublié
Fermer
Chargement en cours
Samedi, Mai 12, 2018

Noémie et Élise, alias « Miette et Lison » (44) : « Notre idée est de rendre jolies les femmes et de ne pas laisser la maladie prendre le pas. »

L'altérité, l'empathie et la solidarité sont les leviers de leur entreprise ô combien originale et nécessaire voire même d'utilité publique. Noémie et Elise, alias « Miette et Lison », petite structure située en Loire-Atlantique, proposent la création de bandeaux, headbands et tous accessoires pour cheveux qui peuvent rendre leur féminité à celles qui pour diverses raisons n'ont plus la parure naturelle leur permettant de s'affirmer et s'identifier. Mais leurs produits s'adressent également à toutes et tous, y compris depuis peu les enfants.
« Miette et Lison » ont transformé leur souffrance en expérience, preuve s'il en est qu'on peut rebondir et proposer un commerce altruiste, réfléchi et atypique. Morceaux choisis d'un entretien émouvant mêlant technique et humanité.


 


« Miette et Lison », qui êtes vous et qu'est-ce qui vous lie toutes les deux ?

Nous sommes cousines, nos vrais prénoms sont Noémie et Élise, ce qui donne « Miette et Lison », nos surnoms lorsque nous étions enfants. Nous avons des parcours et des formations qui se complètent dans notre activité actuelle. L'une, Noémie, est graphiste ; l'autre, Elise, styliste-modéliste.


Comment est née votre idée et quelle est-elle ?

Noémie : en fait, j'ai été personnellement atteinte d’une maladie auto-immune avant ma première grossesse et j'ai perdu tous mes cheveux. Cela m'a minée de me retrouver chauve 2 ans après, en 2010. J'ai cherché des solutions. Et hormis les perruques que je trouvais chères et peu à mon goût, je n'ai rien trouvé de satisfaisant ; j'ai donc commencé à réfléchir. J'ai créé un blog nommé « Je veux des cheveux ou pas » afin d'échanger sur ce sujet : j'ai eu envie de faire un peu d'autodérision sur ce thème grave.

Élise : Pour ma part, ma maman a connu un traitement du cancer, elle a également perdu ses cheveux et s'est retrouvée dans la même situation ; sachant que les perruques proposées ont un coût et ne sont pas remboursées. On les considère comme un confort ; or elles aident à restaurer son image. Voilà comment est née notre idée de produit et celle de nous associer pour proposer un article différent.


 


Que proposez-vous exactement ?

Nous concevons des accessoires, des bandeaux des headbands pour les femmes avec ou sans cheveux. Notre idée est de rendre jolies les femmes et de ne pas laisser la maladie prendre le pas.
Nous créons 2 collections par an : une pour l'hiver et une pour l'été, en nous inspirant des tendances : en 2017 c'était les motifs géométriques, le liberty et le wax (tissu africain). Nous avons à cœur que ces accessoires soient jolis et donnent bonne mine. Notre inspiration est celle des années 50 où la femme arbore de jolis foulards et renvoie une image très gaie, de pin-up : cette période correspond à une forme d 'émancipation : l’après-guerre est une époque de légèreté.


Quelles sont vos formations ? Comment vous organisez-vous ? Est-ce facile de travailler ensemble ?

Noémie est graphiste et s'occupe de la mise en ligne et de la communication ; et Élise, styliste modéliste, teste les prototypes.
On fait tout nous-mêmes, de la fabrication à la vente en passant par la conception, et nous choisissons ensemble les tissus et les modèles.

C'est facile pour nous de travailler ensemble car nous nous connaissons bien, nous partageons la même éthique et les mêmes objectifs ; c'est même un avantage. Officiellement nous ne sommes pas deux chefs d'entreprise mais une seule ; toutefois si nous parvenons à développer notre projet nous serons à égalité.


Vous ne possédez pas de boutique : comment vendez-vous vos produits ?

Pour l'instant, nous fabriquons et nous vendons nous-mêmes les articles car nous pouvons le faire : via notre site ainsi qu’à domicile. En effet, il est très important de savoir que vivre sans cheveux est difficile. Aussi, la démarche d’acheter une perruque ou un accessoire pour cheveux est très délicate ; d'autant plus qu'en cas de maladie, tout déplacement est source de fatigue. Pour cette raison on se déplace chez la clientèle, ce qui crée aussi un lien privilégié.


 
"Nous avons à cœur que ces accessoires soient jolis et donnent bonne mine. Notre inspiration est celle des années 50 où la femme arbore de jolis foulards et renvoie une image très gaie, de pin-up : cette période correspond à une forme d 'émancipation : l’après-guerre est une époque de légèreté."


Vous parlez sans tabou de la maladie, ce qui est rare. Cette manière de démystifier le sujet est-il un atout pour échanger avec votre clientèle ?

Sans doute, même si on ne le fait pas pour cette raison au départ. Notre idée est que la maladie ne doit pas gagner. On adopte alors un peu l’autodérision... Cela met à l'aise nos clients par ailleurs.


Vous travaillez sur des produits hors normes, comment le vivez-vous humainement parlant ?

Oui en effet, nous visons à créer des produits que l’on utilise notamment quand on est malade ; mais nous amenons la beauté et la joie, et cela est essentiel.


 
 


Quel est votre public ?

Certes, nos produits s’adressent aux femmes qui n'ont plus de cheveux, mais aussi aux autres, notamment les enfants pour lesquels nous avons créé une gamme. À terme nous souhaitons également créer pour les hommes, car pour eux aussi il est problématique de perdre ses cheveux. Une femme qui perd ses cheveux se sent dévaluée au niveau de sa féminité, de la même façon un homme se sent moins viril… Nous réfléchissons aussi à eux.


Quelles sont les particularités des modèles que vous créez ?

Ils sont réversibles, confortables et solides. Pour nous en assurer, nous les testons sur nous et nos proches, et nous les lavons plusieurs fois.

Il est aussi très important qu'ils soient confortables. Nous faisons donc très attention par exemple aux tissus : nous utilisons uniquement des matières naturelles car elles sont confortables et respectent la peau. Ainsi on tend vers l'éthique et le confort : n’oublions pas que si on est chauve, la peau et très sensible.

Chaque accessoire porte un nom. Ce choix nous paraît plus facile et plus humain que de mettre un numéro. Certains articles portent même le prénom de nos enfants ou neveux et nièces.


 


Quels sont vos prix ?

On vise à ce que nos tarifs soient accessibles et que chaque client puisse changer à volonté. Chaque produit est fabriqué dans une taille unique, mais certains foulards peuvent être conçus sur-mesure sur demande.   titre indicatif on peut trouver un turban pour 43€, un headband pour 23€, un foulard pour 39,80€. Nous proposons une vingtaine de modèles.


Avez-vous des partenariats ?

On essaie d’en tisser. On entre en contact avec des hôpitaux, des cliniques, on espère travailler avec la Ligue contre le cancer. Si le projet prend de l'ampleur, nous avons pour idée à long terme de reverser une part de nos bénéfices pour combattre la maladie.


Que pensez-vous du réseau Femmes de Bretagne ?

Effectivement, nous le découvrons mais son existence va tout à fait dans le sens de notre projet : il est essentiel de s'entraider.



Miette et Lison
6, La Mussauderie
44310 St Lumière de Coutais
T : 06.03.67.23.92
S : www.mietteetlison.fr
Page Facebook



 
Un entretien mené par la Plume Dominique Thiam,
créatrice de La Boîte à Méthodes à Vannes (56)
Article rédigé par :
Dominique Thiam. -