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Mardi, Juillet 4, 2017

Léonie Place, rédactrice de contes de faits chez Scribeuse (56) : "Entreprendre, selon moi, c’est apporter sa plus-value pour le bien-être de la société. C’est développer des projets, parce qu’ils manquent et seront utiles au plus grand monde."

C'est dans un café de Ploërmel (56) que nous nous sommes rencontrées. Avec discrétion, Léonie Place a pris soin de m'accueillir dans cette charmante commune morbihannaise. Ce sont ses yeux qui m'ont interpellée. Son regard noir à la fois timide et pétillant. Cette pupille qui en dit beaucoup sur le souci d'observer, avec une bienveillance évidente. Lors de notre échange, j'ai été touchée par son envie d'écouter l'autre comme si elle ouvrait un livre. Par la suite, les interviews qu'elle a réalisées en tant que Plume pour le blog de Femmes de Bretagne ont révélé son souhait de (ra)conter pour révéler, des parcours et des personnalités. Tout juste primée en tant que Coup-de-coeur du jury aux Trophées de l'innovation du Morbihan 2017, la "rédactrice de contes de faits" joue à présent le jeu de l'intervieweuse interviewée ! Portrait de la fondatrice de Scribeuse, qui ouvre là une belle histoire dans son parcours d'entrepreneure !


Léonie, tu es "rédactrice de contes de faits". Pourrais-tu nous présenter ton activité ?

J’écris des livres personnalisés et à la demande pour valoriser des histoires personnelles et professionnelles. J’interviewe, je "m’incruste" délicatement en immersion, j’enquête, je me documente et j’écris, relis puis mets en page l’ouvrage. Il est ensuite relié, et imprimé en couleur par des professionnels. Je peux aussi l’illustrer de mes photos, ou de celles d’un photographe dans le cadre d’un partenariat. Par exemple, je peux rédiger une biographie, un portrait de famille, des souvenirs de grossesse, la première année d’un enfant, un récit de mariage, l’histoire d’une commune, un recueil de portraits d’habitants, l’histoire d’une entreprise et de ses valeurs, des parcours de salariés… Je réponds aussi à des missions de rédaction classiques, si elles me permettent de rencontrer des univers nouveaux et de me faire plaisir en écrivant.


 


À qui s'adressent tes prestations ?

À toute personne ou structure qui veut transmettre son histoire aux générations futures, communiquer de manière élégante, ou offrir un cadeau unique et atypique. J’écris donc pour les particuliers, les entreprises, les collectivités ou les associations. Le seul critère c’est d’avoir envie de partager et de s’exprimer sur son expérience. Ces livres ne sont pas édités ni publiés en librairie, sauf si le client m’en fait la demande. Ils sont donc, normalement, destinés à un usage privé.


Avant de créer ton activité, tu étais journaliste. Qu'est-ce qui t'a menée vers ce métier ? 

Oui, j’étais journaliste en presse écrite. C’est un métier que je rêvais d’exercer depuis l’âge de 8 ans ! J’ai toujours adoré l’écriture, la recherche documentaire, les échanges humains et la vadrouille. Quand j’étais petite, j’écrivais toujours. Pour les anniversaires, en colonie, je tenais mon journal de bord, j’avais même participé à des concours de jeunes journalistes. J’ai donc fait un bac L, puis Sciences-Po à Grenoble où j’ai obtenu un master Journalisme. Sauf que j’avais soif d’investigation, de belles rencontres, de longs articles qui laissent mon style s’exprimer. Et le terrain m’a confrontée à une immédiateté et une actualité qui me frustraient de plus en plus.


Puis tu décides de prendre ton sac à dos pour explorer l'Amérique du Sud... Pourquoi ce périple ? Si tu devais résumer ces quinze mois d'aventure ?

Avec mon ami nous avons démissionné. En août 2014 nous étions en week-end dans le Lubéron. On n’avait pas du tout envie de rentrer, mais pas du tout ! On s’est dit que travailler sans envie, ce n’était pas notre conception de la vie. On a démissionné en décembre. Et le 11 janvier 2015, on a décollé pour Lima, au Pérou. L’Amérique du Sud, j’y étais déjà allée deux fois, au Chili pour un stage avec une radio communautaire auprès des communautés indiennes mapuches et en Uruguay, pour un échange universitaire d’un semestre. J’avais envie de découvrir cette région du monde, avec mon sac à dos cette fois. La culture et le mode de vie latinos m’attirent. 
Ça a été quinze mois de surprises, car on n’avait presque rien préparé. On n’avait pas de trajet défini, ni de date retour. On voyageait au jour le jour. En fonction des moyens de transport. En fonction de notre budget. On a appris, l’un et l’autre, à se connaître sur le bout des doigts. Et humainement c’est une expérience inoubliable. On relativise sur notre manière de vivre, en France. J’en suis très nostalgique, c’est notre Tourniquette, on en parle presque tous les jours, j’ai même envie de pleurer en répondant à cette question !

 

De retour en France, tu décides ensuite de créer ton activité. Comment t'est venu le déclic ?

Justement, c’est ce voyage qui m’a encouragée. J’ai postulé dans des journaux en rentrant en France et j’ai poursuivi pendant quelques mois mon activité de pigiste. Mais j’avais l’impression de stagner, d’être partie pour rien ! Voyager a décuplé mon goût pour l’indépendance. Et un jour, on se baladait en famille ; mon père, à raison, m’a un peu chahutée. Je lui ai avoué que j’avais l’idée d’écrire, toujours, mais différemment. C’est là qu’est née Scribeuse. J’avais juste besoin d’un coup de boost.


Comment vis-tu les premiers mois de ton activité ? Pour toi, c'est quoi entreprendre ?

Je manque de confiance en moi. Donc certaines étapes sont difficiles. La question que je me pose sans cesse, c’est : est-ce que ça va fonctionner ? 
Ça forge encore plus le mental, car lorsque l’on crée son activité, il faut être motivée à bloc tous les jours, et croire en son projet, croire en soi. Mon défi depuis la création c’est de me faire connaître, d’étoffer mon réseau sur un territoire que je découvre. Que mes clients potentiels sachent que Scribeuse existe. Entreprendre, selon moi, c’est apporter sa plus-value pour le bien-être de la société. C’est développer des projets, parce qu’ils manquent et seront utiles au plus grand monde. C’est aussi se faire plaisir.


Tu as ainsi découvert le réseau de Femmes de Bretagne... 

Lorsque je suis arrivée à Ploërmel, en janvier, j’ai contacté des entreprises susceptibles d’être intéressées par mes prestations. Et notamment Patricia Dagnaud, de l’agence Chrysa Lys, organisatrice d’événements. On a échangé et très vite, elle m’a parlé de Femmes de Bretagne, elle était l’une des coordinatrices à Ploërmel. Je suis allée à la rencontre suivante. C’était génial ! On était 25, j’ai pu parler de Scribeuse pour la première fois, en public. Et j’ai adhéré immédiatement. Depuis, je ne loupe presque jamais les rendez-vous. Femmes de Bretagne, c’est ma recharge d’oxygène, je ressors euphorique de chaque rencontre ! Vraiment, cette association est bourrée d’ondes positives. Moi qui suis plutôt réservée, je m’y sens à l’aise. Et je me suis attachée à certaines personnes du secteur. Au début, ça me faisait rire d’entendre toujours le mot « bienveillance », mais en fait, c’est vraiment le mot !


 
"Si on a une idée, qu’elle est innovante, dans la mesure du possible, c’est qu’elle mérite d’être exploitée. Et pour en être sûre, ou pour se rassurer, il faut s’entourer."


Tu as aussi choisi d'exploiter tes compétences pour te joindre à notre équipe de Plumes pour le blog de Femmes de Bretagne... 

Je lisais les interviews sur le blog, et un jour j’ai demandé aux coordinatrices de Ploërmel si tout le monde pouvait écrire ces portraits. Parce qu’à chaque fois, il y a des conseils et des astuces pour se relever d’une difficulté ou d’un blocage professionnel. Aussi, je suis curieuse et admirative des parcours de vie atypiques. Et étrangement : Femmes de Bretagne les attirent ! Donc c’étaient de beaux moments de lecture. Je t’ai contactée et je ne regrette rien. J’adore et je suis fière de faire partie des plumes. Tous mes échanges sont intéressants, les interviewées se livrent et l’écriture est ma passion, donc l’expérience est positive cheffe !



Tu es également très investie en tant que coordinatrice Femmes de Bretagne à Ploërmel ?

Oui, là pour le coup ce sont les coordinatrices qui sont venues me chercher. Pour remplacer Patricia Dagnaud qui prenait la coordination morbihannaise. Je suis heureuse d’être dans le trio ploërmelais.
Ça occupe bien, mais j’aime ces tâches d’organisation, motiver les troupes, transmettre des valeurs. Je me suis beaucoup investie dans milieu associatif durant mes études, c’est un plaisir de retrouver cette ambiance.
 

Quels conseils donnerais-tu aux Femmes de Bretagne qui, comme toi, souhaitent créer leur activité ?

Je ne vais pas être très originale, mais il faut oser ! Si on a une idée, qu’elle est innovante, dans la mesure du possible, c’est qu’elle mérite d’être exploitée. Et pour en être sûre, ou pour se rassurer, il faut s’entourer. Il est bon d’adhérer à plusieurs réseaux pour confronter les points de vue. Mais Femmes de Bretagne en premier !


 


En cas de doutes, comment trouves-tu les ressources pour continuer ta quête ? 

Au quotidien, c’est mon compagnon qui m’épaule. Il est toujours très optimiste et fier de mes écrits. Alors forcément, il faut rester objectif, mais sa présence est un moteur indispensable et bienveillant. Je suis aussi très proche de ma famille, et je sais que même à 700 kilomètres, ils sont là. Mon père a créé son entreprise l’année de ma naissance, je sais qu’il est heureux pour moi et qu’il est fier que je prenne la route de l’entrepreneuriat. Surtout que sa société est maintenant une structure familiale. Tous sont donc des soutiens et donneurs de conseils, de premier plan, pour Scribeuse.


Dernièrement tu as remporté le prix "Coup de cœur du jury" lors de la cérémonie des Trophées de l'innovation, organisée par la CCI du Morbihan. Comment as-tu vécu cette expérience ?

J’ai été très touchée par cette récompense. Elle me motive encore plus. C’est une conseillère de la CCI qui m’a conseillée de postuler, pour mes récits de mariage. Car a priori, je suis la première à proposer cette prestation, donc au-delà d’une innovation, c’est peut-être même une invention ! On était près de 90 candidats, trente dossiers ont été sélectionnés pour une audition devant un jury. Et nous étions 14 finalistes. En vraie perfectionniste, je me suis préparée à chaque étape. J’ai adoré le challenge et j’ai rencontré des personnes avec qui je pourrais même travailler prochainement. Côté visibilité, c’est une vitrine et un tremplin non négligeables qu’il faut savoir maîtriser pour qu’ils soient profitables à mon entreprise.


Comment te sens-tu aujourd'hui après tout ce chemin parcouru ? Et quels sont tes prochains challenges ? 

Je suis en cours d’écriture d’un livre de mariage. Et j’ai une seconde commande pour la fin du mois d’août. Je sais que mon activité attise la curiosité. 
À moi de créer le besoin. Je dois donc me former au démarchage commercial, à l’argumentaire de vente. C’est mon défi quotidien. Mes objectifs pour ce second semestre sont de décrocher des commandes auprès d’entreprises et de collectivités, pour me diversifier et avoir des modèles à présenter à mes prospects, afin de prouver que mon offre est atypique et professionnelle.


Que peut-on te souhaiter de mieux pour la suite de ta belle histoire de Scribeuse ?

Je veux rendre les gens qui liront leur histoire, fiers de ce qu’ils ont accompli, sur le plan personnel ou professionnel.


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Mes coordonnées : scribeuse.lp@gmail.com et/ou 07 68 50 40 15.



 
Un entretien mené par la Plume Virginie Le Gall,
experte en blogging pour Mamezell' en Finistère
et blogueuse pour Mamezell' fait son reuz
Article rédigé par :
Virginie Le Gall. -