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Lundi, Octobre 9, 2017

Florence Laplanche, fondatrice de l’association de lutte contre le cancer du sein "Matipolo" à Etel (56) : « Je veux créer une maison rose pour les femmes atteintes de cette maladie »

Octobre à tendance à nous évoquer les feuilles mortes qui craquent sous les pieds, les châtaignes grillées et les soupes de potiron… Mais c’est également, ne l’oublions pas, le mois consacré à la prévention du cancer du sein ! À l’occasion d’octobre rose, des événements sont organisés au quatre coins de la France. Y compris à Etel, petite commune du Morbihan, où Florence a fondé son association Matipolo.
 
 
 


Florence, vous avez fondé l’association Matipolo qui apporte un soutien aux femmes touchées par le cancer du sein à travers des ateliers de bien-être. À quel moment l’idée de cette structure a-t-elle germé dans votre esprit ? Et quelle est l’histoire liée à son nom ?

J’ai 55 ans et j’ai eu un cancer du sein il y a quelques années. J’ai subi une mastectomie après un traitement de chimiothérapie et de radiothérapie : j’ai envisagé de faire une reconstruction qui a échoué. Tout au long de ma maladie et encore après, j’ai rencontré beaucoup de femmes malades comme moi. J’ai été choquée d’entendre que beaucoup d’entre elles se sentaient seules et, faute de moyens financiers, n’avaient pas accès à diverses séances de bien-être, n’achetaient pas de lingerie adaptée aux prothèses, n’utilisaient pas de crèmes pour leur corps, ne connaissaient pas les centres de cures spécialisées dans l’après cancer du sein… C’est pourquoi j’ai décidé de monter ce projet qui me tenait à cœur depuis quelques années.

J’ai donc créé au mois d’août 2016 mon association, baptisée Matipolo : c’est la contraction des prénoms de mes enfants, Matthis et Pauline. Ce nom est important, pour moi, car pendant ma maladie, j’ai eu la chance d’avoir des enfants exceptionnels. Ils étaient âgés de 9 et 18 ans, à l’époque, j’étais seule avec eux, et ils ont été formidables.


Vous êtes actuellement dans l’attente de locaux pour votre association. Quels sont les ateliers que vous aimeriez mettre en place lorsque vous disposerez d’un espace ?

Les personnes en traitement et après traitement ont besoin de bien-être et d’échanges. C’est pourquoi je souhaite organiser des ateliers afin, avant tout, de combattre l’isolement de ces femmes. Moi-même, j’aurais apprécié de connaître un lieu où j’aurais pu me rendre librement et rencontrer d’autres femmes à qui parler. Je veux créer un lieu de convivialité, d’échanges sur des thèmes comme la reconstruction, le lymphœdème, avec également des soins proposés, en lien avec le bien-être : réflexologie, yoga, socio-esthétique… J’envisage aussi la mise en place d’ateliers de bricolage, de tricot ou encore des balades au bord de la mer. En fait, je veux créer une maison rose pour ces femmes.


 
"Oui, l’objectif de cette association est double. En amont, il faut inciter les femmes à se faire dépister très tôt. Il y a 55 000 nouveaux cas par an, et encore 12 000 décès. Plus vite on trouve une tumeur, plus facilement elle sera soignée, et moins il y aura de traitements lourds avec tous les effets secondaires que cela entraîne."


Votre association souhaite-t-elle également agir en matière de prévention ?

Oui, l’objectif de cette association est double. En amont, il faut inciter les femmes à se faire dépister très tôt. Il y a 55 000 nouveaux cas par an, et encore 12 000 décès. Plus vite on trouve une tumeur, plus facilement elle sera soignée, et moins il y aura de traitements lourds avec tous les effets secondaires que cela entraîne.


L’an dernier, dans le cadre d’octobre rose, vous avez organisé une marche. Pouvez-vous nous expliquer le principe de cette mobilisation ?

Cette marche a pour but de sensibiliser les femmes sur le dépistage du cancer du sein. C’est un événement national qui permet de rappeler qu’il s’agit d’un examen indispensable.


 


Face au succès rencontré lors de la dernière édition, vous réitérez l’expérience cette année, n’est-ce pas ? Quelles sont les modalités pour se joindre à cette marche ? Et quel est l’itinéraire programmé ?

Oui, en effet. La prochaine marche est ouverte à tous, petits et grands, et est programmée le 22 octobre prochain. Pour participer, il est préférable de s’inscrire. Nous installons pour l’occasion un stand dans la galerie du Super U, à Belz, et l’Intermarché d’Erdeven, le 14 octobre. En échange d’une participation de 7 euros, vous recevez un tee-shirt et une bouteille d’eau. Nous vendons également des tote bags. Les fonds servent à financer l’organisation de l’événement. Nous partirons de la mairie d’
Étel, et nous rejoignons la salle des fêtes via le sentier côtier, en passant par le port et la barre d’Étel. À l’arrivée, un goûter récompense les participants. L’itinéraire fait 5 km en tout, ce qui rend la marche accessible à un large public.


Un dernier mot concernant votre action ?

Je rajouterai que ce cancer, dans la globalité, coûte cher, pendant et après la maladie. C’est pourquoi je souhaite développer une solidarité, une entraide, à travers mon association. Dans l’avenir, j’envisage de mettre en place un partenariat avec des enseignes qui nous donneraient des invendus afin de pouvoir aider ces femmes. Elles ont besoin de vêtements, de produits d’hygiène, de prothèses capillaires… Dans ce sens, j’ai commandé pour Noël des produits de beauté et de soins que je proposerai à des femmes en difficulté, via des hôpitaux.


 


Florence Laplanche
Association Matipolo
7 rue du Souvenir
56410 Étel
06 78 48 33 90



 
Un entretien mené par la Plume Charlotte W. Guillier,
rédactrice web à Brest (29)
Article rédigé par :
Virginie Le Gall. -