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Lundi, Septembre 18, 2017

Elisabeth Vourch - Le Gall, créatrice de mode à Kernilis (29) : "Lancer mon activité a été la plus belle expérience professionnelle que j'ai vécue jusqu'à présent."

Couleurs, lumière et inventivité : voilà trois mots qui pourraient bien refléter l'univers créatif de la talentueuse Elisabeth Vourch - Le Gall, créatrice de mode sous le nom de la marque eliVou. Portrait pétillant d'une femme portée par la joie de vivre !


Elisabeth vous êtes créatrice de mode chez eliVou. Peut-on dire que la couture est chez vous une histoire de famille ? Comment vous est venue la passion pour ce domaine ?

Exactement ! Il me semble avoir toujours vu une machine à coudre à la maison. Ma grand-mère était couturière, ma mère nous cousait beaucoup de vêtements également à mon frère ma sœur et moi. J'ai moi-même été très tôt attirée par la couture et les travaux manuels en tout genre. Ma mère et ma grand-mère m'ont beaucoup appris.
Je me rappelle ma première poupée de chiffon que j'ai cousue lorsque j'étais en 5ème, et cela a été une révélation pour moi d'aller dans un magasin de tissus pour choisir mon tissu toute seule. Plus tard, toujours au collège, j'ai cousu un grand pantin taille humaine dans de vieux draps. Je n'utilisais pas de patron à l'époque, je cousais en freestyle ; je pense que mon envie de créer par moulage (sur le mannequin) est venue de là.


 


Question abrupte : Pour vous, c'est quoi la mode ?

La mode pour moi ? Rendre les gens beaux et bien dans leurs corps car quand on se sent bien dans son corps, dans ses vêtements, on se sent bien dans sa vie. Tout le monde peut être beau, le but étant de s'habiller en fonction de sa morphologie et de ses goûts bien sûr : ne surtout pas chercher à copier. Comment sait-on qu'un vêtement nous va ? Lorsque l'on se sent bien dedans, que l'on ne se sent pas déguisé. La mode c'est s'habiller avec goût et plaisir le matin et ne plus avoir à y penser ensuite.


De fil en aiguille, vous avez donc choisi de vous former aux métiers de la mode ? 

Mon cursus scolaire n'a pas été linéaire. J'ai toujours été attirée par la beauté, l'esthétisme ; mais je ne me suis pas dirigée tout de suite vers la mode. Mon envie de grands espaces et de plein air m'a poussée vers le paysagisme.
Mais des années plus tard, après avoir mis au monde deux enfants, le goût de créer des objets m'a donné envie de chercher un travail dans un magasin de beaux arts-loisirs créatifs. Travail que j'ai pratiqué pendant quelques années, chez Aux Couleurs du Temps à Brest. Je faisais du conseil aux clients, mais aussi des ateliers créatifs, création de lampe, bijoux, peinture acrylique sur toile.

Créer, c'est me sentir vivante et dans l'instant présent. J'aime beaucoup transmettre également. 
À un moment, j'ai voulu devenir ma propre patronne mais comment m'y prendre et surtout que faire ? Je me suis lancée le défi de coudre un sac en me disant que si j'y arrivais, je me lancerais ! Et j'y suis arrivée. J'ai donc demandé une rupture conventionnelle et me suis lancée à fond dans ce travail-passion. J'ai fait énormément de sacs de toutes sortes en m'améliorant de mois en mois et en donnant la possibilité aux clients de faire un sac à leur image, sur-mesure.

Mes premiers marchés d'été ont bien fonctionné et mes sacs ont eu un bel accueil. Mais étant autodidacte,  je trouvais que je manquais de technique. J'ai donc fait un stage chez Atelier Chamaï à Brest, qui m'a confirmé ma passion pour la couture et durant lequel j'ai appris à créer d'autres accessoires comme des chapeaux et des mitaines. J'aime beaucoup expérimenter des nouveautés.


 
"À un moment, j'ai voulu devenir ma propre patronne mais comment m'y prendre et surtout que faire ? Je me suis lancée le défi de coudre un sac en me disant que si j'y arrivais, je me lancerais ! Et j'y suis arrivée. J'ai donc demandé une rupture conventionnelle et me suis lancée à fond dans ce travail-passion. J'ai fait énormément de sacs de toutes sortes en m'améliorant de mois en mois et en donnant la possibilité aux clients de faire un sac à leur image, sur-mesure."


Quel cheminement avez-vous suivi après cette formation ?

Ensuite j'ai continué de développer ma gamme en fabriquant des compagnons, portefeuilles et porte-chéquiers.
J'avais aussi beaucoup envie de coudre des robes. J'en ai cousu quelques-unes, pour moi dans un premier temps, puis pour quelques personnes qui me l'ont demandé. Des robes non-conventionnelles, sans patron, faites par moulage. Et j'ai vraiment aimé ça. J'ai même cousu une robe qu'une personne a portée pour son mariage.

J'ai pris des cours avec une modéliste de Brest toujours pour apprendre et me perfectionner. J'ai appris à coudre à partir de patron, ce que je n'avais jamais fait jusque-là et qui est à mon sens indispensable même si je continue de faire du moulage.

Depuis, je me suis lancée un nouveau défi : celui de devenir styliste. Je suis donc une formation depuis un an. C'est passionnant !


Comment vous est venu le déclic pour créer votre propre structure ? Un mot sur le nom de votre marque eliVou ?

Le déclic est venu un jour où mon mari et moi sommes allés au restaurant. Nous sommes passés devant chez un coiffeur qui exposait des objets de créateurs. J'ai alors dit à mon mari que j'aimerais beaucoup exposer ainsi. Il m'a dit : "Chiche !" Je l'ai pris au mot et suis rentrée dans le magasin. La gérante a beaucoup aimé le sac que j'avais sur moi, que j'avais créé. Nous avons alors fixé une date pour exposer. Voilà comment tout à commencé : avec un peu d'audace.

Ma première marque était Cococinelle que j'ai dû changer car trop similaire à une autre marque de maroquinerie. eliVou, qui est le diminutif de Elisabeth Vourch, m'est venu tout naturellement.


 


Comment s'est passé le lancement de votre activité ?

Mes articles ont eu un bon accueil dès le départ, à ma grande surprise d'ailleurs. J'ai cherché d'autres magasins qui pourraient m'exposer, fait des marchés d'été et de Noël, créé un site (que je dois réactualiser), et ouvert une boutique sur alittlemarket, qui vient d'être racheté par Etsy. Le bouche-à-oreille a très bien fonctionné également.


Quel statut d'entreprise avez-vous choisi ? Comment vivez-vous l'expérience d'entreprendre ? 

J'ai choisi le statut le plus simple dans mon cas : celui d'auto-entrepreneur, d'autant que ce statut était nouveau et permettait un lancement facile et sans risque.
Lancer mon activité a été la plus belle expérience professionnelle que j'ai vécue jusqu'à présent.

Actuellement, mon activité est en veille car je me consacre à ma formation mais aussi parce que je réfléchis à de nouvelles idées, pour lui donner une nouvelle dimension, dans laquelle aider et transmettre seront les maîtres-mots.


 
"Créer, c'est me sentir vivante et dans l'instant présent."


Que pensez-vous du réseau Femmes de Bretagne ? Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui souhaitent, elles aussi, créer leur activité ?

Je trouve le réseau Femmes de Bretagne très riche et varié, il donne envie d'aller de l'avant et d'oser.
Aux femmes qui souhaitent créer leur activité, je leur dirais « Foncez ! » Il y a 3 millions de chômeurs, alors pourquoi ne pas créer son propre emploi ? 
Par contre, quand on travaille pour soi, on doit savoir tout faire : de la création-fabrication au marketing-vente, sans oublier la manutention. Il faut être prêt à investir beaucoup d'heures de travail par semaine. Je parle d'un travail comme le mien, où l'on crée avec ses mains.


Que trouve-t-on aujourd'hui chez eliVou ?

Chez eliVou on trouve des accessoires de mode (sacs, chapeaux, mitaines, snood, petites maroquinerie) ainsi que des capes, vestes, robes. Chaque pièce est unique.

La marque est en pleine évolution, peut-être vais-je proposer des ateliers en ligne ou à domicile. Peut-être chercher une association humanitaire, solidaire pour donner du sens à mon activité en apportant ma contribution à la cause écologique et humaine.
Votre univers compte beaucoup de couleurs et de gaieté : Comment trouvez-vous votre inspiration pour ces créations ?

eliVou est à mon image : colorée et pétillante. J'ai toujours aimé la couleur, que ce soit dans les accessoires ou dans les vêtements. Un accessoire en couleur rehausse une tenue sombre. La couleur apporte de la gaieté, de la lumière, de la joie.

L'inspiration vient de tout côté : dans la rue, dans les magazines, dans la nature, dans mes rêves.
La créativité amène la créativité, l'esprit ne s'endort pas, il cherche toujours une nouvelle idée.


Comment vous trouver ?

Mon atelier se trouve au fond de mon jardin, dans un chalet, et je m'y sens très bien.
Les endroits où l'on peut me trouver et me contacter sont :
- mon site,
- ma page facebook

- et ma boutique Alittlemarket qui va être transférée chez Etsy.


 

 
Un entretien mené par la Plume Virginie Le Gall,
experte en blogging et blogueuse pour Mamezell' en Finistère

Article rédigé par :
Virginie Le Gall. -