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Lundi, Septembre 25, 2017

Claudie Riou, créatrice de Cdéco à Douarnenez (29) : "Mon moteur c'est la passion. Ce qui me motive avant tout, c'est la création : créer son entreprise, réaliser un décor, créer sa vie... "

"La vie, ce n'est pas d'attendre que les orages passent, c'est d'apprendre comment danser sous la pluie" philosophait Sénèque. Voilà une métaphore qui illustrerait bien la tenacité de Claudie Riou. Parcours d'une entrepreneure qui a choisi de s'épanouir au fil de sa vie. Portrait d'une femme qui affronte l'avenir avec sourire, courage et persévérance !

 


Claudie, à l'époque où je t'ai connue, il y a 3 ans, tu étais la gérante du restaurant Du livre @ l'assiette à Landerneau. Depuis, quel chemin as-tu parcouru ?

Oui effectivement Virginie : j'ai connu un retour aux sources suite à la vente du restaurant et la dissolution de la Société Du livre @ l'assiette. Après cette étape importante, j'ai occupé des postes "alimentaires" dans la restauration à proximité de Landerneau ; une opportunité de travail en tant que responsable de restauration m'a ensuite permis de retourner dans ma ville natale à Douarnenez. Mais après un burn-out j'ai quitté définitivement la restauration pour le tourisme, mon ancien métier. J'ai alors travaillé à Carnac au Moulin de Kermaux auprès de mes anciens patrons ; là j'ai pu me ressourcer pleinement à l'accueil du Camping. Puis retour à Douarnenez en qualité d'assistante de direction dans un hôtel de charme et son restaurant de qualité à Ty Mad ; la patronne, ancienne décoratrice, a fait de cet hôtel un endroit singulier.


C'est donc grâce à ta rencontre avec cette patronne d'hôtel que tu retrouves ta passion première : la décoration. Qu'est-ce qui t'attire dans ce secteur ? Quels points communs peut-on établir entre le domaine de l'hôtellerie-restauration et la décoration ? 

Effectivement cet hôtel si singulier et très déco m'a fait prendre conscience de mes aspirations. Déjà pour le restaurant à Landerneau , je me suis un peu entraînée : j'avais transformé un pressing en très mauvais état en restaurant, de même j'avais entièrement restauré l'appartement au dessus.
Auparavant j'ai également transformé d'anciens bureaux en appartements, fait du réagencement, créé une salle de bain et une cuisine. Avec un attention particulière pour la décoration...
Avec une formation en en arts plastiques, j'ai toujours aimé dessiner, faire de l'huile et de l'aquarelle... Il y a déjà longtemps, je relookais des meubles, mais toujours pour les loisirs.
Le point commun entre ces métiers : le contact , le relationnel , les échanges, les conseils. La capacité d'écoute également et la convivialité.


Après la haute saison, voilà donc que tu as franchi tes premiers pas vers les métiers du relooking ?

Depuis un an, en complément  de mon métier dans le tourisme, j'ai débuté une activité de Coach déco pour Passion Déco, et après la saison j'ai effectivement envisagé une reconversion professionnelle. Pôle emploi m'a donc proposé de suivre le programme Activ'projet avec le Cbs : bilan de compétences, recherche des métiers, atelier  de recherche de formation et de financement , enquête auprès des professionnels sur le métier et stage de découverte en entreprise. Ce bilan effectivement a confirmé  que "j'étais faite" pour les métiers de l'accueil et du tourisme (au moins, les 20 dernières années, je n'étais pas trop loin de mes aspirations !) ; mais se sont aussi révélés à moi les métiers du domaine artistique comme la décoration.


 
"Mes conseils pour la création d'entreprise : faire preuve de patience et de persévérance, oser, accepter d'échouer et recommencer. Je crois que rien ne vaut l'expérience, car on apprend de ses erreurs : on tire les leçons de ce qui n' a pas fonctionné, on prend du recul, puis on garde le meilleur et on rebondit..."


Depuis cette étape, tu as donc choisi de revenir vers le statut d'entrepreneur, sous la forme d'une micro-entreprise cette fois, en créant ton entreprise Cdéco... Qu'est-ce qui t'attire dans l'entrepreneuriat ?

Oui, pour le moment je possède un statut de micro-entreprise en VDI, tout en préservant mon emploi saisonnier dans le tourisme. Je prévois d'adapter mon statut en fonction de l'évolution de mon activité.

Pour ce qui m'attire dans l'entrepreneuriat, je répondrais d'abord en reprenant une devise de 
Confucius affichée dans mon bureau : "Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez plus à travailler un seul jour de votre vie".

Mon moteur, c'est la passion. Ce qui me motive avant tout, c'est la création : créer son entreprise, réaliser un décor, créer sa vie... L'entrepreneuriat est semé d'embûches : j'en ai bien conscience et je suis assez bien placée pour le dire, mais c'est aussi de belles rencontres, des défis à relever tous les jours et du bonheur, comme de voir ses propres envies se réaliser, mais également celles  des autres. Dans la même approche, hier justement, une de mes clientes Passion déco m'a envoyé des photos de ses meubles relookés après notre séance de conseils : au début elle n'osait pas se lancer et c'est très réussi. Quelle satisfaction pour moi ! Un vrai bonheur !


 


Que penses-tu du réseau Femmes de Bretagne ? Quels conseils donnerais-tu aux femmes de notre réseau qui souhaiteraient, elles aussi, créer leur activité ?

Je pense que c'est une belle initiative, que c'est important d'avoir un réseau avec lequel échanger, sur lequel on peut s'appuyer.

Mes conseils pour la création d'entreprise : faire preuve de patience et de persévérance, oser, accepter d'échouer et recommencer. Je crois que rien ne vaut l'expérience, car on apprend de ses erreurs : on tire les leçons de ce qui n' a pas fonctionné, on prend du recul, puis on garde le meilleur et on rebondit...


Quelles prestations vas-tu proposer au travers de ton activité ? Dans quel secteur géographique interviendras-tu ?

Mon projet consiste à développer le coaching déco, à proposer des conseils déco pour tous budgets. Je pense qu'il et possible de changer sa déco sans se ruiner. Dans cette idée, le home staging consiste à relooker les biens à vendre et à travailler avec les agences immobilières de Douarnenez et du Cap Sizun.

En complément je souhaite proposer des cours de relooking de meubles en tant que coach déco. En effet, on donne déjà des conseils gratuitement en décoparty, certaines personnes sont prêtes bien sûr à se lancer toutes seules, mais beaucoup également souhaitent être accompagnées. Il y a une assez forte demande de démonstrations et d'ateliers.

 

Tu vas alors oeuvrer dans une approche d'Up cycling. Peux-tu expliquer ce concept ? Quelles valeurs souhaites-tu partager par ce biais ? A qui s'adressent tes prestations ?

Oui, pour moi "relooking" rime avec "up cycling". En dehors du fait que cela est très tendance, je pense qu'on peut moins jeter et recycler en offrant une seconde vie à nos objets, nos meubles.... C'est une démarche à la fois éthique et écologique : des valeurs qui me tenaient déjà à cœur comme tu le sais Virginie à l'époque de mon restaurant. Et puis les modes dans la déco changent vite, pour des raisons de budget ou par manque d'idées on ne le fait pas, avec le relooking et l'up cycling tout se transforme ou presque : des caisses de vin se voient transformées en étagères, un ancien luminaire devient un panier, un pot en terre se métamorphose en lampe.... Pour en savoir plus faudra venir à mes ateliers (sourire).

Mes prestations s'adressent à tout le monde : ceux qui pratiquent déjà, mais aussi ceux qui débutent, et surtout à tous ceux qui aimeraient mais n'osent pas "faire du neuf avec du vieux".


 


Avant de lancer pleinement ton activité, tu souhaites d'abord obtenir une formation certifiante ?

Décorateur d'intérieur est une profession non-réglementée ; le diplôme n'est donc pas obligatoire, contrairement à d'autres métiers de la décoration. Néanmoins, la formation est un bon moyen de disposer de bases solides et de se constituer un premier réseau de contacts. Le diplôme un bon élément pour rassurer ses clients potentiels.

Je souhaite faire une formation professionnelle décoration d'intérieur à l'Ifat (
École supérieure en architecture d'intérieure) à Plescop–Vannes. Elle débute le 2 octobre, jusqu'au mois de mars. Par cette voie, je souhaite acquérir les bases théoriques et pratiques de la décoration d' intérieur. Il s'agit aussi pour moi d'acquérir des méthodes pédagogiques via une formation en alternance de cours théoriques, de travaux dirigés et de stages en entreprise. De même, un atelier est réservé chaque semaine à la réalisation d’un projet final et à sa soutenance. La formation est validée par un examen sur présentation du book devant un jury de professionnels. L’examen est sanctionné par un certificat de formation en décoration intérieure. Quant aux formateurs, les enseignements sont dispensés par des professionnels en activité (architectes,architectes d’intérieur, artistes, designers...).
 

Pour financer cette étape, tu mènes actuellement une campagne de crowdfunding via Ulule : à quoi va servir cette récolte de fonds ? Comment vis-tu cette expérience ?

Effectivement  la première étape de ce projet représente un budget minimum de 6000 € : le coût de la formation en elle-même est de 3315 € ; l'hébergement, le déplacement et le matériel représentent un coût d'environ 2600 €. N'ayant pas de financement possible avec Pôle Emploi ni avec mon droit au Cif, j'ai choisi d'autofinancer mon projet.

Aussi, pour avoir moi-même contribué à des projets sur des campagnes de crowfunding, j'ai lancé cette campagne en me disant qu'après tout, toute expérience est bonne à prendre. Comme pour toute première expérience, je découvre tout un processus et, malgré l'accompagnement d'Ulule, l'expérience est assez fastidieuse : difficile de sortir du cercle familial ou celui  des proches. En choisissant Ulule, je m'attendais honnêtement à plus de réactivité. Je trouve également dommage que, si l'objectif n'est pas atteint, les fonds déjà obtenus ne sont pas versés au porteur de projet mais rendus aux contributeurs... Il est donc essentiel d'atteindre mon objectif, d'avoir un maximum de contacts. Une simple contribution de 5 €, si elle est multipliée, peut faire la différence : « Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières ».


 
Comment procèdes-tu pour faire connaître ta campagne ?

J'ai d'abord adressé le projet par mail à mes proches, puis après avoir obtenu 5 soutiens, partagé à mon entourage sur les réseaux sociaux, également sur des blogs de déco, puis dans un second temps élargi mon mailing à l'ensemble de mes contacts et bien sûr j'en parle autour de moi dès que l’occasion se présente.


Si l'on se projète dans le meilleur des mondes pour ta vie professionnelle : Comment rêves-tu l'avenir de ton entreprise ?

Cartonner autant que Plaza (lol) dans le home staging. Comme tu dis, "dans le meilleur des mondes", je verrais bien un espace de co-créateur, avec d'autres ateliers... et peut-être un petit coin salon de thé , mais chut : ça c'est pour plus tard !


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Profil Femmes de Bretagne


 

Un entretien mené par la Plume Virginie Le Gall,
blogueuse et experte en blogging chez Mamezell' en Finistère

Article rédigé par :
Virginie Le Gall. -