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Jeudi, Avril 13, 2017

Catherine Brigliadori, artiste peintre acrylique à Campénéac (56) : « Je suis autodidacte et je suis mille fois plus heureuse aujourd’hui, à mon compte, même si je ne sais pas où je vais. »

Enlacer une carrière professionnelle artistique, c’est le défi de Catherine Brigliadori, artiste peintre acrylique à Campénéac (56). Cette cheffe d’entreprise bretonne, créative et atypique, est spécialisée dans les portraits de femmes. Elle relate son combat coloré pour l’épanouissement personnel, du salariat à l’entrepreneuriat.

 


Il faut traverser quelques portes d’une demeure tout en longueur. L’atmosphère est fraîche, l’ambiance chaleureuse. Dans l’atelier de Catherine Brigliadori, artiste peintre acrylique à Campénéac, dans le Morbihan, les œuvres jouent les bouillottes. Tant de vie affichée sur un pan de mur que le froid s’estompe. Que des portraits féminins, excepté un couple. « Les femmes, c’est pour moi ce qu’il y a de plus facile à peindre », décrit la récente membre de Femmes de Bretagne. Le réseau d’entrepreneures, elle l’a découvert de bouche-à-oreille, alors qu’elle exposait dans un salon de coiffure. Elle s’excuse d’ailleurs du peu d’œuvres à montrer : « Mes dernières sont actuellement à Vannes, en démonstration. » Elle feuillette alors un album, son portfolio. Sur fond noir s’enchaînent les images de ses productions, Catherine Brigliadori explique : « Je ne peins pas seulement des femmes posées au milieu d’une toile. Je travaille sur tout ce qu’il y a autour, je crée une ambiance. Mon souhait, c’est de transmettre des sentiments qui tournent autour de la famille, de la maternité, du romantisme. La recherche colorimétrique est une étape importante de ma création. Je m’inspire de la mode, du tissu, de la culture japonaise et il y a souvent des fleurs. » Si elle rêve encore de se rendre au pays du Soleil Levant, l’artiste puise son goût artistique pour la nature dans ses lointains souvenirs adolescents. Solitaire, elle raconte qu’elle dessinait beaucoup. Dehors, avec un carnet, son crayon immortalisait les plus belles plantes, mais aussi des visages de magazines. « Je me construisais déjà mon propre univers artistique inconsciemment. » Elle sourit et rougit à l’évocation de ces premiers jets : « J’en ai gardé certains, mais ça n’a plus rien à voir. Même s’il y avait déjà une part de féminité dans mes dessins », note-t-elle. Embrasser une formation artistique, l’artiste en herbe y pense. Brièvement. « À l’époque, on me disait que c’était fermé, qu’il me fallait un travail, une vie rangée. »

 
« J’étais tiraillée entre mon métier compliqué, ma volonté de vivre de ma passion et l’éducation de mes enfants »

 
La porte entrouverte dans le fond de son atelier camoufle les traces d’un parcours professionnel à la recherche de l’épanouissement. Une table de massage, du matériel d’épilation et épinglé sur la cloison, son certificat d’aptitude professionnelle (CAP) d’esthéticienne. Car si elle dirige aujourd’hui sa microentreprise artistique, Catherine Brigliadori a testé bien d’autres activités. « Esthéticienne, car je voulais m’occuper des gens, de leur bien-être mais ce métier trop physique puisait toute mon énergie, je ne me voyais pas monter ma boîte ! » justifie-t-elle avec du recul. Autre couleur à sa palette, la nouvelle Femme de Bretagne sait jouer les caméléons. Alors qu’il y a dix ans, une mutation professionnelle pour son mari la catapulte dans les Paniers marseillais, elle obtient son CAP de décoration sur céramique et remporte même le premier prix d’un concours : « Ça a été un déclic ! L’idée d’entamer une carrière créative a commencé à germer. J’ai ouvert mon atelier. » Mais il est déjà temps de bouger à nouveau. En Bretagne, donc. Un territoire moyennement attiré par la céramique. « Ma maison était petite, cela me demandait une sacrée organisation pour produire. Puis mes enfants étaient jeunes, je suis mère poule et j’étais tiraillée entre mon métier compliqué, ma volonté de vivre de ma passion et leur éducation. » Des difficultés qui ont eu raison de ses choix. Après quelques expériences esthétiques, Catherine Brigliadori retourne à son premier savoir-faire : le secrétariat. Au total, elle y a consacré vingt années de sa vie. Un passé professionnel « différent ».
 

 
Alors qu’elle se retire à nouveau dans son atelier, l’entrepreneure bretonne assure qu’elle « ne regrette rien ». « J’ai appris d’autres choses, et qui me dit que si j’avais fait une école d’art j’y serais restée ? Je suis autodidacte et je suis mille fois plus heureuse aujourd’hui, à mon compte, même si je ne sais pas où je vais. C’était un chemin à parcourir, à 20 ans je n’aurais pas eu la force de me lancer. » Dans la bibliothèque qui trône entre son chevalet et ses tableaux, s’entassent ses sources d’inspiration : des magazines de mode, des livres de voyage sur Florence, Venise, un bouquin sur Helmut Newton, le photographe. D’autres sur l’Art nouveau. Ses « copines » la zyeutent avec admiration. Il y a Monica, Inès, Vanessa. Catherine Brigliadori leur promet « d’aller jusqu’au bout, sans perdre confiance cette fois. S'il y a certaines personnes qui n’aiment pas mes œuvres, je dois me dire que d’autres apprécieront. C’est ma dernière chance, je dois m’y tenir. Là, il y a la passion en plus, ce métier est au cœur de ce que j’avais en moi depuis toujours. Je ne m’étais pas écoutée plus tôt, car dans la vie on écoute beaucoup trop ce que nous disent les autres, on n’exploite pas toujours nos qualités. »

 
« Je suis fière de moi, mais j’ai du mal à le dire, j’ai peur d’être prétentieuse. »


Se faire un nom est aujourd’hui son plus grand défi. Alors elle squatte quelques expositions, puis s’attelle progressivement aux réseaux sociaux et à la construction d’un site Internet qui lui ressemble. « Trouver mon public, c’est le plus difficile mais pour cela je dois être visible. » Elle le reconnaît sans peine, Femmes de Bretagne est un vivier très riche de rencontres. « Depuis que je me rends aux réunions, j’ai plus de contacts, c’est un lieu d’échange avec un panel de profils si variés. J’apprends toujours ! » Dans son agenda, les expositions grisent progressivement les cases démarquant les jours à venir. Et dans sa tête, des idées et projets fourmillent : des cartes postales dérivées de ses œuvres sont déjà disponibles, « je pense aussi à des bijoux, des sacs … » Mais assez parlé d’elle. La modeste cheffe d’entreprise de Campénéac l’a répété au fur et à mesure du déroulé de son parcours : « Je suis fière de moi, mais j’ai du mal à le dire, j’ai peur d’être prétentieuse. » Ce n’était donc pas le froid de l’atelier qui colorait ses joues d’un joli rubis.

 



Pour découvrir les œuvres de Catherine Brigliadori :
8 au 20 mai : office du tourisme de Muzillac.
23 juin au 7 juillet : salle d’exposition de La Roche-Bernard.
15 au 23 juillet : salon des arts de Surzur.
10 au 16 août : salle d’exposition de Noirmoutier.

Pour contacter Catherine Brigliadori :
Son adresse mail : 
cathyacrylique1356@gmail.com
Son profil Femmes de Bretagne
Sa page Facebook
Son Instagram



 
Un entretien mené par la Plume Léonie Place,
Rédactrice de contes de faits chez Scribeuse (56)
Article rédigé par :
Léonie Place. -