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Mardi, Janvier 2, 2018

Cécile Bonnet à Clohars-Carnoët (29) : “Le réseau est une famille à se créer pour se soutenir et s’entraider. Il dit « vous n’êtes pas seule » et c’est tellement important.”

Il y a 6 ans de cela, je rencontrais Cécile Bonnet, coach en épanouissement commercial. Depuis, nos chemins se sont de nouveau croisés et c'est un plaisir d'échanger sur nos trajectoires respectives. Interview d'une entrepreneure qui arbore dans les choix et sa philosophie de vie l'idée que "la conformité tue la créativité. La différence crée la richesse et le progrès". Portrait d'une femme de Bretagne qui a choisi d'entreprendre sa vie au sens large, pour vivre ses rêves et rayonner amplement.


[crédit photo Julie Lescot Rault]


Cécile, à l’époque où j’ai fait ta connaissance tu étais coach en épanouissement commercial. Quel cheminement as-tu suivi avant d’exercer cette activité ?

J’ai étudié la Gestion des Ressources Humaines, puis j’ai piloté un projet de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences au sein d’un établissement public (où l’évolution des personnes est linéaire, par filière et ancienneté), j’ai aussi conseillé des dirigeants lors du passage aux 35h et ensuite sur la gestion de leurs équipes (management, motivation, recrutement, fidélisation, gestion des compétences). Finalement, l’humain a toujours été au cœur de mon parcours professionnel !


Au travers de ton activité professionnelle, tu t’axais déjà sur les maîtres-mots : Authenticité, Sens et Plaisir Peux-tu nous en dire plus sur cette philosophie de vie ?

Ce sont pour moi les 3 piliers de ce que j’ai appelé « l’économie du cœur » ou encore le « Love business » qui part du cœur et s’adresse au(x) cœur(s) : le business qui part de soi pour se relier au monde, à ses clients et les faire grandir. Selon moi, il n’y a pas de business épanouissant ni de démarches commerciales durables sans authenticité, sens et plaisir.

L’authenticité c’est exprimer qui je suis librement, pleinement et humblement.
Cela permet d’être en cohérence avec soi, facteur d’épanouissement personnel, et d’inspirer confiance (la base de toute relation commerciale), source d’épanouissement professionnel.
Autrement dit c’est le pilote d’un business (la fusée).

Le sens, c’est la direction, le cap, le « why » qui nous pousse à agir, à nous dépasser. Il s’agit du moteur indispensable à l’entrepreneur pour emmener son business loin et embarquer des passagers avec lui (ses clients, ses équipes, ses partenaires). Il s’agit de notre vision, notre « horizon » qui nous pousse « naturellement » en avant et fédère, embarque aussi les autres. Je vous conseille
l’excellente vidéo de Simon Sineck à ce sujet.

Chacun est sensible à un sens différent en fonction de qui il est et de son histoire personnelle (le sens est directement connecté à l’authenticité, et l’authenticité au sens).
Trouver le sens, c’est mettre de la cohérence dans son business, de la fluidité, de l’élégance.

Un fusée avec un pilote, un moteur mais sans carburant, elle ne va pas bien loin : elle finit par s’essouffler, tomber en rade (pour les entrepreneurs nous pouvons parler de burn-out).

Le plaisir, c’est le carburant qui permet au moteur de tourner dans le bon sens et de durer, tenir la distance (tout entrepreneur comprend cette notions de « tenir dans le temps »).
Sans plaisir, l’entrepreneur ne pourra pas « renouveler » son énergie, dont il a pourtant besoin pour développer son activité !
Le plaisir est un carburant mais c’est aussi une source de différenciation et de valeur ajoutée : il est en lien avec nos talents. Nous sommes « naturellement » excellent dans ce qui nous procure du plaisir (j’ai rarement vu une personne être nulle en mathématiques et adorer cette matière) et nos talents nous procurent du plaisir, ce qui renforce nos talents. Nos talents nous différencient mais sont aussi une source de valeur pour nos clients (et pourtant nous ne leur accordons pas de valeur et très souvent nous ne les facturons même pas).

Ces 3 piliers sont interconnectés : ce que j’appelle “votre zone de brillance” se trouve à l’intersection de ces 3 domaines qui parlent de vous. Votre zone de brillance vous fait rayonner autant que votre business.



"Suivez votre cœur ! Plus facile à dire qu’à faire mais cela en vaut la peine pour soi et les autres ;-)"


Parallèlement à ton activité, tu suis un parcours de formation, notamment avec Joël Guillon ?

Ma rencontre avec Joël Guillon n’est pas un hasard : elle a eu lieu au bon moment avec la bonne personne.
Je venais de traverser une période intense de remise en question dans mon activité professionnelle (comme tous les entrepreneurs en traversent je pense), une traversée du désert difficile pour moi et douloureuse aussi pendant laquelle je sentais que je devais aller plus loin, vers moi-même.
J’ai consacré à cette période plusieurs articles sur mon blog dont celui-ci : https://www.cecilebonnet.com/embrasser-excellence-decouvrir-excellence-laction/

Joël Guillon a cerné mon excellence en 45 minutes, quand il m’avait fallu 6 mois (sans compter mes années précédentes d’introspection !) pour effectuer un travail similaire (en m’appliquant ma propre méthode, ce qui n’est jamais évident).
Non seulement il a conforté ma réflexion mais il l’a sublimée en la synthétisant avec des mots justes et précis, une élégance rare. Cela a été une expérience incroyable à vivre et à partager avec les autres stagiaires.
J’ai beaucoup travaillé sur mon MO2i (c’est le nom donné par Joël Guillon au modèle de son excellence : le Mode Opératoire Identitaire et Itératif) pour comprendre en détails comment je pratiquais « naturellement » bien avec mes clients. Puis je l’ai moi-même modéliser en une méthode, ma méthode unique et singulière. Vous la trouverez ici : https://www.cecilebonnet.com/cat/devenir-une-star-de-son-business-categorie/


En septembre dernier, tu as cessé ton activité de coach. Était-ce alors la fin d’un cycle ?

En effet, j’ai annoncé l’année dernière dans un article, sur mon blog professionnel, la fin de mes activités de coaching et de formation.

En juillet, j’avais passé des tests psychologiques qui m’ont apporté une clé essentielle, une nouvelle pièce à mon puzzle personnel de connaissance de moi. J’ai alors compris qu’entreprendre était pour moi un rendez-vous avec moi-même et que je cheminais depuis le départ (7 ans) vers ce point.
Il ne s’agit pas d’un point d’arrivée (nous n’atteignons jamais de ligne d’arrivée contrairement à ce que nous pouvons espérer) mais en effet “une boucle qui se bouclait” pour moi, comme un cycle qui arrivait à son terme.
J’ai compris qu’en accompagnant mes clients, ils m’accompagnaient aussi par effet « miroir » sur mon propre chemin. Cela n’avait plus lieu d’être à ce moment-là pour moi, plus de cette manière en tout cas. Il m’a fallu le concrétiser par une « rupture ».



[crédit photo Julie Lescot Rault]
 

Parallèlement à ce cheminement professionnel, tu découvres également que tu es ce que l’on appelle “un zèbre”. Kézako ?

Oui le personnel interfère souvent avec le professionnel, surtout en tant qu’entrepreneur ;-)
« Zèbre » est un terme imagé et dénué de toute hiérarchie (contrairement à « surdoué » ou « haut potentiel intellectuel »), qui désigne une personne avec un fonctionnement neurologique en dehors de la norme. Ce fonctionnement est notamment « identifié » grâce au test de QI.

Nous pourrions développer la notion d’intelligence car ce terme prête à confusion et à débats, à juste titre. Ce qu’il faut retenir, c’est plutôt la notion de « différence » : dans une société construite par et pour la norme (le plus grand nombre de personnes), être différent est une source de difficultés potentielles, voire de souffrances pour certaines personnes, d’un sentiment de décalage et d’efforts parfois considérables pour s’adapter, se faire accepter, s’aimer et être aimé finalement.

Quand j’ai découvert que les caractéristiques, qu’on m’avait renvoyées comme des défauts depuis mon enfance, étaient « normaux » car faisant partie de ma nature, de mon fonctionnement, j’ai senti un grand soulagement et un sentiment de libération. Il devenait inutile de lutter contre, il n’y avait qu’à les accepter et en faire des atouts. Enfin je pouvais arrêter de me culpabiliser et de dépenser mon énergie en vain !


Quels sont les éléments qui t’ont mis la puce à l’oreille pour t’identifier aux zèbres ?

Ohlala, c’est le chemin de toute une vie j’allais dire et chez moi un chemin qui s’est  « intensifié » l’année qui a précédé les tests.

Plusieurs personnes m’avaient parlé du livre Je pense trop de Christel Petitcollin. Son titre me parlait déjà beaucoup, c’est pour cela que je me suis décidée à le lire. Il m’a bouleversée tant je m’y suis retrouvée. J’ai découvert aussi que ce que je croyais être « normal », c’est-à-dire concernant tout le monde, ne l’était pas du tout.

Avant de me décider à passer les tests, il s’est quasiment écoulé une année, pendant laquelle j’ai notamment été voir Monique de Kermadec (psychiatre et psychologue spécialiste des adultes surdoués), sans donner suite (les doutes, toujours les doutes).

Puis, alors que je traversais à nouveau une période « de moins bien », je suis tombée sur une vidéo de Jeanne Siaud Facchin (une autre spécialiste) qui évoquait l’ennui.
Et là j’ai eu un déclic : j’ai compris que je ne déprimais pas mais que je m’ennuyais dans mon business !

L’ennui est caractéristique des « zèbres » : c’en était trop, j’ai aussitôt cherché une psychologue près de chez moi et décroché mon tél pour prendre rendez-vous, il fallait que je sache, enfin.



[crédit photo Nadine Court]


Ton considères alors que “ton intime conviction ne te suffisait pas” pour être sûre d’être un zèbre ?

Oui, parce qu’à la fois je me retrouvais dans les portraits des « zèbres » et en même temps je doutais beaucoup. Il y avait aussi des caractéristiques dans lesquelles je ne me retrouvais pas complètement, comme la souffrance qui est souvent traitée dans la littérature dédiée (parce que cela répond aussi à un besoin).

Beaucoup de personnes, avec qui j’ai été en contact depuis, ont un parcours similaire.
Une minute j’avais la conviction de faire partie des profils atypiques et la minute suivante, mon cerveau me faisait la preuve par A plus B que non (et puis qui étais-je pour le penser ?!). Ce doute permanent a commencé à me devenir difficilement supportable. Je sentais qu’il m’empêcherait d’avancer : tant que j’étais à me demander si j’étais zèbre ou non, je ne pouvais pas avancer, quelle que soit la réponse ! Tout mon énergie était consacrée à douter, à chercher une réponse. Il me fallait cette réponse pour sortir du cercle, avoir une certitude ! Depuis, il m’est souvent arrivé de relire, comme pour m’empêcher d’en douter à nouveau, c’est terrible la force du mental !


Comment as-tu alors vécu le diagnostic posé ? En quoi cela a-t-il changé ton regard sur le monde ?

Comme un soulagement : pour la 1ère fois, on me disait qu’il était normal que je ne le sois pas !
J’ai commencé aussi à comprendre les mauvais traitements que je m’étais infligée pour m’adapter (me suradapter aux autres). J’ai ressenti aussi de la colère, envers moi pour tous les efforts que j’avais fournis parfois en vain, et envers les autres d’en avoir fait aussi peu !
La colère passée, j’ai pu commencer le travail d’acceptation : accepter que ce pour quoi on avait pu me blâmer était en fait des richesses. Toute notre vision change, doit « s’inverser » pour revenir dans un « sens » juste. C’est très déstabilisant, surtout à 43 ans, de revisiter ses croyances et sa vision à 180 degrés !



[crédit photo Julie Lescot Rault]


Tu décides ensuite de créer une chaîne Youtube dans laquelle tu parles de la vie de zèbre ?

Oui les mots ont toujours été ma meilleure façon de progresser, de questionner, d’analyser, de comprendre, de me comprendre. Ils me permettent de mettre en perspective mes pensées. Je joue avec les mots comme d’autres jouent avec les données d’un problème mathématique.

Je pourrai garder ces mots pour moi, mais les partager leur donne un sens supplémentaire : celui de pouvoir être utile à d’autres. La transmission et le partage sont des besoins essentiels chez moi.


Comment prépares-tu tes vidéos ? Comment les fais-tu connaître ?

Justement, je les prépare très peu : je définis un objectif global avec 2 ou 3 messages. Puis je laisse aller mon « inspiration ».

Les vidéos que j’ai voulu davantage préparer ont été des échecs au final.
J’ai donc décidé, là aussi, de lâcher prise et d’accepter mon fonctionnement naturel. Après tout, je ne cherche ni la perfection, ni l’approche professionnelle au travers de mes vidéos. Et c’est bien l’avantage de Youtube je trouve : on s’y retrouve pour papoter comme autour d’un café, avec ses amis.



[crédit photo Julie Lescot Rault]


Parallèlement, tu tiens également un blog dans lequel tu partages ta démarche “zéro déchet” ?

C’est exact, un autre canal d’expression pour un autre sujet qui me touche et parle aussi de moi ;-)

Le concept du ZD est d’éliminer à la source les déchets avant même de mieux les recycler : les emballages plastiques notamment (il faut savoir que 91% des déchets plastiques ne sont pas recyclés). Pour élargir, je dirais que la démarche ZD questionne ses habitudes et son rapport à la consommation et amène à une réflexion sur ce qui est vraiment essentiel dans sa vie et son quotidien. C’est une démarche réellement épanouissante, individuellement et collectivement (avec sa famille, ses commerçants, la « communauté ZD », ses amis, ses élus, etc.)


Quels messages souhaites-tu faire passer aux (potentiels) zèbres et aux non-zèbres ?

De s’accepter comme ils sont avec leurs différences et de ne plus se cacher dans la conformité, en apparence confortable mais qui étouffe les personnes dans leurs « vrais » valeur et potentiels.

Mon message est le « mieux vivre en accord avec soi et en accord avec les autres » pour un monde meilleur.



[crédit photo Julie Lescot Rault]


Quels sont tes actualités et tes projets à venir ? Un indice sur ta prochaine vidéo à venir ?

Je vais prochainement parler d’ennui, d’énergie en dent de scie et du syndrome « c’est épuisant » un cerveau pareil ! À moins que je ne change d’inspiration au dernier moment, c’est possible lol !

Je vais aussi parler zéro déchet sur ma chaîne parce que zèbre et ZD sont connectés chez moi (en dehors de commencer par un Z ;-)).

La vidéo devrait prendre plus de place à l’avenir sur mes blogs professionnel et personnel.


En quoi les 2 sont-ils connectés ?

J’ai compris que mon rapport à la conformité (et à la non-conformité) est lié à mon fonctionnement atypique et me pousse à questionner la société qui m’entoure. La démarche zéro déchet est une façon, pour moi, de se libérer des diktats imposés par la société de consommation, de reprendre la main sur nos choix quotidiens d’achat, de décider « en conscience » plutôt que de se laisser imposer des « choix » qui n’en sont pas réellement du coup (comme faire ses courses en grande surface et acheter parmi des articles imposés). Notre porte-monnaie est notre plus grand pouvoir d’action, plus impactant encore que notre droit de vote.

Il y a donc une cohérence entre un fonctionnement atypique et une démarche de « rébellion » contre un système que je n’ai pas envie d’encourager pour l’avenir de mes enfants et de la planète.

La démarche zéro déchet nourrit beaucoup de besoins du zèbre (et du non-zèbre !) : sa soif d’apprendre, sa curiosité, son questionnement, son besoin de sens, son « anti-conformisme », sa créativité, etc.



[crédit photo Julie Lescot Rault]


Des lectures, des liens, des sites, des blogs à nous recommander sur la thématique des zèbres et celle du zéro déchet ?

Désolée, je sèche, il y en a tellement ;-)
Sur le zéro déchet, je conseille la lecture du livre Zéro déchet de Béa Johnson, le groupe facebook de la famille zéro déchet (https://www.facebook.com/groups/1516491401964168/).
Sur les « zèbres », je recommanderais plutôt de prendre du recul par rapport à ce qu’on peut lire, voir ou entendre et de garder son discernement car il existe un marché en ce moment sur ce sujet avec ce que cela comporte de bien et de dérives.


Quels conseils donnerais-tu aux Femmes de Bretagne qui souhaitent mener elles aussi un projet ? Que penses-tu de notre réseau ?

De suivre leur cœur ! Plus facile à dire qu’à faire mais cela en vaut la peine pour soi et les autres ;-)
Le réseau est une famille à se créer pour se soutenir et s’entraider. Il dit « vous n’êtes pas seule » et c’est tellement important.


Pour te suivre et te connaître ? Pour te contacter ?


Mon site professionnel
De là vous aurez accès à mon blog ZD  ; ou encore ma chaîne Youtube « Multi Z – Cécile Bonnet »
Pour me contacter : cecile@cecilebonnet.com



Merci Virginie et au plaisir !




Un entretien mené par la Plume Virginie Le Gall,
blogueuse et experte en blogging pour
Mamezell' en Finistère
Article rédigé par :
Virginie Le Gall. -