Le réseau social des Bretonnes qui entreprennent !
Déjà membre ? Se connecter
Mot de passe oublié
Fermer
Chargement en cours
Lundi, Juillet 16, 2018

Annie Lanoy, artiste-peintre à Vannes (56) : “Mon but est de gagner ma vie en faisant ce que j’aime ; pour moi la notoriété n’a aucune importance.”

S’il est une artiste accessible brisant la glace dès le premier contact et faisant éclater tous les stéréotypes sur le sujet de l’art, c’est bien Annie Lanoy. Une artiste-peintre au talent inouï, qui très simplement vous accueille chaque jour dans sa galerie-atelier de la rue du Mené à Vannes  dans le Morbihan. Annie Lanoy  ne se prend ni au sérieux, ni pour une femme exceptionnelle. Et pourtant…

Il semble bien qu’elle le soit pourtant, quand on voit avec quelle  subtilité et sensibilité elle peint, et avec quelle acuité elle prend connaissance de votre demande. Aussi à l’aise en peinture qu’en relations humaines, Annie Lanoy a créé récemment ce lieu où elle fait tomber les préjugés. Son univers est ouvert à toutes et tous, preuve que l’art existe autant pour les  les néophytes que pour les initiés et n’est pas réservé à une élite… Ses peintures presque vivantes dégagent une puissante émotion et procurent une sensation de liberté, à l’image de leur créatrice. Voici le parcours singulier d’une artiste belge chaleureuse et attachante, devenue une vraie Femme de Bretagne.


 


Annie, peux-tu nous raconter ton histoire ?

D’origine je suis belge, j’ai eu une enfance compliquée. Mais toute petite, j’étais déjà passionnée de dessin. J’ai donc fini, contre l’avis de ma mère, par obtenir un diplôme de l’Institut Saint-Luc, une école d’arts graphiques en Belgique. Au départ je voulais faire une école à Londres pour apprendre le croquis mais elle était réservée aux hommes donc cela n’a pas été possible.

Ensuite j’ai appris des techniques avec une élève de Van Der Kelen (la célèbre école de peinture décorative à Bruxelles) : je suis  donc formée aux  techniques picturales anciennes, à la chaux notamment, le travail sur les pigments, de la patine, du trompe-l’œil, les faux marbres et faux bois, du glacis…

J’ai commencé par être illustratrice, puis j’ai travaillé dans la publicité, j’ai fait des aménagements intérieurs en collaboration avec des architectes, je suis aussi devenue cuisiniste. J’ai même travaillé sur des pierres tombales. J’ai également pratiqué la copie de toiles anciennes. Puis j’ai commencé à peindre, j’ai donné des cours également aussi bien à des enfants qu’à des adultes.


Comment es-tu arrivée en France et plus précisément en Bretagne ?

Après une séparation en 2002, j’ai eu envie de tout refaire : j’ai vendu ma maison en Belgique et je suis arrivée en Bretagne : j’avais soif de liberté, d’horizon et l’envie de vivre au bord de la mer.

Successivement j’ai habité St-Armel, La Trinité-sur-mer, Port-Louis dans le Morbihan ; j’ai aussi vécu dans les Côtes-d’Armor, à St-Briac. Au départ cela a été plutôt une traversée du désert. En Belgique, j’ai le sentiment que nous sommes davantage familiers donc j’ai été un peu surprise de l’accueil plus réservé des français.


 
“Il est nécessaire d’être combative, persévérante, optimiste... et ne jamais lâcher.”


Es-tu retournée en Belgique ?

Oui : à deux reprises. Six mois en 2014 pour un projet professionnel : je travaillais dans une école, toujours dans l’univers artistique. Et en 2016 lorsque mon père est tombé gravement malade, je l’ai alors accompagné. Je pense qu’à ce moment là, j’ai fait des toiles qui correspondaient à une sorte de maturité, de profondeur.


Que peins-tu justement ?

Un peu de tout. Je fais du figuratif. À l’origine j’aime le dessin, donc je peins beaucoup de choses différentes. Mon père était garagiste et je pense avoir hérité de son amour des voitures, ce qui explique sûrement que j’aime peindre des voitures anciennes !  Particulièrement la Ford Mustang, très recherchée par les collectionneurs et les passionnés. Mais je peins  aussi  des fleurs, des animaux… Pendant 9 mois lorsque j’ai accompagné mon père, j’ai peint beaucoup d’animaux d’Afrique, des zèbres notamment : le thème de l’Afrique dans cette série est très fondé sur le jeu des clairs-obscurs.


Ainsi tu travailles par instinct et sur commande ?

Oui tout à fait. En ce moment, période estivale, je travaille un thème sur le bord de mer et en parallèle un thème sur les animaux de compagnie ; bientôt je m’axerai sur les chevaux et les chiens de chasse.

Mais je peux sur commande faire une toile à partir d’une photo que tu me donnes, ton chien ou ton chat par exemple ou bien une carte postale. Ensuite je fais des recherches,  et puis je  soumets une proposition et nous voyions ensemble ce qui convient selon ton budget. Je m’adapte, je peux modifier le format, le fond... 


 


Comment qualifierais-tu ta peinture ?

Pour ma part, je trouve que je suis trop académique… et j’aimerais bien dépasser cela, m’en détacher. Mon but est de gagner ma vie en faisant ce que j’aime ; pour moi la notoriété n’a aucune importance.


Peux-tu me donner une fourchette de prix et la taille de tes toiles ?

Ici, on peut trouver des toiles de 50 à 4000€ et le format le plus petit est de 30X30cm, sachant que la plus  grande est 100X130 cm.


Pourquoi as-tu décidé d’exposer dans cet espace où on peut également te voir peindre en direct… cet atelier-galerie en  somme ?

D’abord, si j’apprécie de travailler chez moi, il me semble important de rencontrer les autres : ici, je rencontre beaucoup de gens et j’aime bien ce contact. A contrario, exposer dans une galerie classique est coûteux et on est moins libre.
Au début je devais rester ici un mois, et puis cela m’a plu, j’ai donc décidé de louer pour une année : j’aime l’idée de l’atelier-galerie.


 


Quelle est ta clientèle ?

Ma clientèle est très variée : des femmes, des hommes, de tout âge. Sans doute parce je communique très facilement, j’invite tout le monde à venir dans cet espace. Je n’ai pas d’a priori sur les gens, et c’est bien que celles et ceux qui ne vont pas dans les galeries traditionnelles entrent ici.


Tu es peintre mais aussi chef d’entreprise, quelles qualités sont requises ?

Il est nécessaire d’être combative, persévérante, optimiste... et ne jamais lâcher.


Que penses-tu du réseau Femmes de Bretagne ?

C’est une belle opportunité pour devenir une femme active.


Question bonus : quel est ton peintre préféré ?

Gustave Doré.



Annie Lanoy
40 rue du Mené
56000 Vannes
06.30.51.27.59
annie.lanoy@hotmail.fr
Site web
Page Facebook



 
Un entretien mené par la Plume Dominique Thiam,
fondatrice de La Boîte à Méthodes à Vannes (56)   
Article rédigé par :
Dominique Thiam. -