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Jeudi, Mars 3, 2016

Nathalie Maubon, fondatrice de HCS Pharma : "En Bretagne, il y a une vraie mentalité collaborative, cela m’a beaucoup aidée"

HCS Pharma : la petite souris rennaise des biotechnologies voit grand.

Cht’i un jour, Chti toujours ? Nathalie Maubon a pourtant quitté Lille et franchi le pas de l’entreprenariat à Rennes. En 2014, elle crée HCS Pharma, une startup de services en biotechnologie et embarque son mari, également chercheur, dans l’aventure. HCS Pharma regroupe aujourd’hui cinq personnes. Nathalie, sa présidente pour vous servir, envisage une levée de fonds d’1 millions d’euros d’ici fin 2016, rien que ça !

« Act like a lady, think like a boss », le bureau de Nathalie Maubon, met immédiatement le visiteur au parfum. La jeune femme, maman de deux garçons de 9 et 12 ans, sait d’où elle vient et où elle va. Docteur en biologie, titulaire d'une thèse en recherche fondamentale en cancérologie et toxicologie, Nathalie a exercé pendant 10 ans ses talents de tête chercheuse aux laboratoires Fournier avec des postes à responsabilité jusqu’à la fermeture du centre de recherche.

Motivée et ambitieuse, elle se tourne vers le secteur privé mais l’expérience tourne court. « Le milieu pharmaceutique reste très masculin. Seule solution : la création d’entreprise pour me permettre d’évoluer et ne dépendre de personne » témoigne Nathalie. L’entreprenariat comme remède au plafond de verre !


 


Une vraie mentalité collaborative en Bretagne

Lancée en 2014, HCS Pharma est une start-up spécialisée en biotechnologie. Kesako ? L’entreprise déploie de nouvelles méthodes de culture in vitro en 3D et utilise l’imagerie cellulaire à haut débit, une technologie particulièrement innovante pour tester l’efficacité de produits pharmaceutiques et de nouveaux traitements sur le cancer ou les maladies du système nerveux comme Parkinson ou Alzheimer.

« Pour m’installer, j’ai été accompagnée et soutenue pour la recherche de financement par Rennes Atalante. Entre le business plan et l’analyse de marché, cela m’a permis de faire sortir le projet de ma tête et de me lancer. En Bretagne, il y a une vraie mentalité collaborative, cela m’a beaucoup aidée. »

Egalement soutenue par Rennes Métropole, Nathalie a pu installer son laboratoire au Biopôle de Rennes Atalante Champeaux dans des locaux high-tech adaptés à son activité. Avec son associé, Julian Bursztyka, elle a investi 60 000 € en matériel et se fait prêter deux plates-formes robotiques pour faire tourner son bouillon de culture.


 
"J’ai aussi beaucoup de chance d’avoir un mari conciliant. Membre de l’équipe, il s’occupe de plus en plus de l’intendance familiale (...)"



Déjà deux prix comme créatrice d’entreprise

Avec déjà deux récompenses en création d’entreprise à son actif, Nathalie troque de plus en plus souvent sa blouse blanche contre la tenue de business women. Elle a remporté le concours Cré’acc 2014 des Experts Comptables dans la catégorie « Création au féminin » et a décroché le prix « Femme Tech’Innovante » aux Trophées des Femmes de l’Economie 2015. Une vraie reconnaissance pour la jeune femme et des retombées commerciales qui ne se sont pas fait attendre : trois grands noms français de l'industrie pharmaceutique et cosmétiques ont déjà confié une partie de leur Recherche et Développement à la jeune start-up.

Aujourd’hui, les journées de Nathalie sont rythmées par les déplacements professionnels. « Je n’ai pas beaucoup le temps de m’installer derrière la paillasse. Mon associé gère la partie commerciale. Le reste de l’équipe fait tourner le laboratoire. J’ai aussi beaucoup de chance d’avoir un mari conciliant. Membre de l’équipe, il s’occupe de plus en plus de l’intendance familiale. De mon côté, je passe le plus clair de mon temps en rendez-vous, à rédiger des contrats de collaboration et à chercher des financements et des partenariats. »


 


« Apporter ma petite brique pour la recherche en santé publique »

Depuis 2014, les ambitions de Nathalie n’ont pas changé. Son objectif d’apporter sa brique à la recherche pour la santé reste intact. Pour y parvenir, elle lorgne à nouveau du côté de Lille, sa région  natale. Bien décidée à ne pas se cantonner au domaine cosmétique, elle vient d’intégrer l’incubateur Santé de la Région Nord-Pas de Calais qui favorise le lancement de sociétés de services en pharmacologie.

«  Si je veux développer la recherche en matière de santé, il faut être proche des chercheurs et des cliniciens. J’ai davantage de perspectives dans le Nord qu’en Bretagne où j’espère participer à des programmes de recherche avec des hôpitaux universitaires. Je suis également en contact avec Nantes. Opportuniste, Nathalie ? « Je l’avoue : pour réaliser mes projets, je suis un peu obligée de mettre les régions en concurrence mais je me heurte à une double difficulté : pas facile de convaincre le secteur public quand on vient du privé et dur, dur de s’imposer quand on est une femme. Avec l’âge, je deviens de plus en plus féministe ». Girl power !



 
Une interview réalisée par la Plume Anne-Gabrielle Marmignon de Lignaé
Article rédigé par :
Anne-Gabrielle Marmignon. -