Quel sera l’impact prévisionnel de l’IA sur l’emploi féminin en Bretagne ?
L’impact prévisionnel de l’IA sur l’emploi féminin en Bretagne est particulièrement préoccupant, compte tenu de la forte concentration des bretonnes dans un nombre restreint de métiers : 80% de l’emploi féminin régional se concentre dans seulement 28 métiers, principalement dans les services, la santé, l’éducation et l’administration et 50% de l’emploi féminin se concentre dans seulement 12 métiers.
Les métiers les plus féminisés, tels que secrétaires (97% de femmes), employées de comptabilité (87%), agents d’entretien, aides à domicile, employées de banque, coiffeuses ou assistantes maternelles, sont exposés de manière inégale à l’automatisation rendue possible par l’IA.
L’intelligence artificielle transforme rapidement le marché du travail. Son impact dépend du degré d’automatisation possible des tâches, de la standardisation des processus et de la capacité à remplacer ou à assister les compétences humaines. Les métiers où les tâches sont standardisées, répétitives et codifiables sont les plus exposés à l’automatisation alors que les métiers qui reposent sur l’empathie, la gestion de situations complexes ou la relation humaine sont moins exposés. Enfin, l’IA menace moins les métiers nécessitant un niveau de qualification élevé : Les métiers peu qualifiés et administratifs sont plus vulnérables, tandis que les métiers nécessitant une expertise ou une capacité d’adaptation sont plus résilients.
Les métiers comme le secrétariat, la comptabilité ou la gestion de la relation client semblent être les plus vulnérables à l’automatisation par l’IA. Déjà, des outils intelligents prennent en charge la gestion d’agendas, la rédaction de courriers, la saisie comptable, les rapprochements bancaires. Des chabots ou des assistants virtuels prennent en charge une part croissante des interactions avec la clientèle, notamment pour des demandes clients courantes et répétitives, réduisant ainsi les besoins en main-d’œuvre dans ces domaines. À l’inverse, l’enseignement, la santé, l’aide à la personne, la coiffure ou l’esthétique, seraient moins exposés.
En croisant les données sectorielles et les analyses sur l’automatisation par l’IA, on estime qu’entre 20% et 30% des emplois féminins bretons – soit 120 000 à 160 000 sur 650 000 – sont à risque élevé d’automatisation d’ici 2035.
Les métiers administratifs, de gestion et de service client pourraient connaître une nette diminution du nombre de postes.
Les métiers de l’enseignement, de la santé et de l’aide à la personne (par exemple les métiers d’aide à domicile, d’infirmière et d’aide-soignante) évolueraient sans disparaître, intégrant davantage d’outils numériques pour assister les professionnels.
Enfin Les emplois féminins de service à la personne (comme les assistances maternelles ou les aides ménagères) fondés sur la relation humaine, l’empathie et la polyvalence, seraient très certainement préservés car non automatisables.
Une chose est sûre : de nouveaux métiers émergeront autour de la transition numérique, de la maintenance des systèmes automatisés ou de l’éthique des données.
Cette transition imposera un effort massif de formation et de reconversion pour limiter les inégalités et permettre aux femmes bretonnes de saisir les opportunités offertes par la transformation numérique de l’économie régionale.
Rachel Denis Lucas, déléguée générale de l’association Femmes de Bretagne. Association loi 1901 qui promeut et soutient le rôle économique des femmes en Bretagne.
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